‹ L'heureux fugitif, histoire de l'évasion du Comte de Lavallette, aide de camp de Napoléon 1er, racontée par lui-mêmeChapitre 26 sur 54 · UN MARIAGE CONCLU PAR BONAPARTE · texte numérisé non relu

UN MARIAGE CONCLU PAR BONAPARTE

arrêtée. » A cette affreuse époque de délire et de fanatisme, la vie privée subissait la surveillance jalouse et continuelle de tout ce qui vous entourait. Le portier d'un hôtel ne se faisait pardonner sa condition que par l'espionnage et la délation. Les domestiques étaient maîtres ou plutôt tyrans de ceux qui les employaient ; et l'on trouvait mauvais qu'une jeune fille d'émigré ne fût pas mise en apprentissage, qu'elle conservât dans ses mœurs et ses occupations quelque chose de distingué et de délicat. La cousine d'Emilie et son cousin avaient été placés en apprentissage : Hortense, chez la couturière de sa mère, et Eugène chez un menuisier du faubourg Saint-Germain. Le 9 Thermidor vit renverser la tyrannie, et madame de Beauharnais sortit de prison. Emilie entra avec sa cousine chez madame Campan, qui venait de former une pension à Saint-Germain-en-Laye ; elle put y continuer son éducation interrompue pendant deux ans.

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