‹ L'Hippocratisme Digital Dans Les Endocardites Malignes InfectieusesChapitre 14 sur 44 · SEL · texte numérisé non relu

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l'échec d’une cure digitalique, le syndrome infectieux se précise vite et on peut porter assez tôt un diagnostic d’endocardite sub-aiguë qu’un hippocratisme d'apparition précoce permettrait de prévoir.

Os. XXVII = C’est une observation typique relatant le cas d’un malade atteint d’une insuffisance ventriculaire gauche fébrile. Mais, jusqu’à sa mort, le tableau infectieux restera si fruste que le diagnostic d’endocardite infectieuse sub-aiguë ne sera fait qu'à l’autopsie. Alors que l’hippocratisme digital, non attribuable aux phénomènes pulmonaires observés, donnait au syndrome infectieux toute sa valeur.

Os. XXIX. = Nous rappelons encore l’observation de ce malade, atteint d’une lésion mitrale avec insuffisance cardiaque moyenne, dont le seul signe d’endocardite infectieuse fut pendant deux années un hippocratisme digital.

b) Formes rénales.

L’atteinte rénale au cours des endocardites malignes peut se manifester sous plusieurs formes :

Le classique syndrome rénal, d’une grande importance pour le diagnostic, caractérisé par des hématuries, sans insuffisance rénale, dues à des lésions emboliques.

Les formes cardio-rénales, congestion passive du rein’ au cours de laffection cardiaque.

Enfin, les véritables formes rénales de la maladie qui se présentent comme des néphrites aiguës ou sub-aiguës avec prédominance du syndrome azotémique; secondaires ou én apparence primitives, elles sont caractérisées au point de vue anatomo-pathologique par des lésions de glomérulo-néphrite diffuses.

« Ce syndrome rénal peut présenter parfois un véritable intérêt diagnostique. Les symptômes rénaux sont, en effet, assez importants pour dominer la scène clinique, L’endo-

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carde reste souvent silencieux, l'infection torpide ou très atténuée; les accidents rénaux doivent attirer l'attention d'un observateur averti et faire soupçonner une infection streptococique. >» (Gallavardin et Gravier.)

Là encore l’hippocratisme digital peut se révéler comme un symptôme de première importance, soit qu’il oriente le diagnostic, soit qu'il permette de le poser en labsence de tout autre signe. C’est ce que montrent les observations

suivantes :

O8s. IV. — Il s’agit d’un malade atteint d’une aortite et d’une néphrite hématurique. Un léger syndrome infectieux apparaît et la formule sanguine monmtre une réaction du S. R. E., faits qui font penser à une maladie d’Osler que le traitement par la pénicilline améliore.

Si l’on s’en rapporte aux observations précédentes, on peut dire que l’hippocratisme digital confirme ce diagnostic et qu'il permettait de le prévoir, comme dans lobservation XVII.

O8s. XVII. — Ce malade semble d’abord atteint d’une néphro-aortite syphilitique. Mais la constatation d’un hippocratisme digital éveille attention : la notion d’une crise antérieure de R. A. A., la découverte de lésions cardiaques, d'une grosse rate, un léger état fébrile font porter le diagnostic d’endocardite lente que confirma l’autopsie.

O8s. XVIIL. — C’est une endocardite lente à symptomatologie uniquement rénale, apyrétique, dont le diagnostic chnique est à peu près impossible, si l’on ne tient pas compte de l'hippocratisme digital.

O8s. XXII .— Endocardite infectieuse sub-aiguë, probablement d'origine dentaire (pyorrhée alvéolo-dentaire).

Anurie terminale prolongée. Hippocratisme digital.

O8s. XXVI — Endocardite infectieuse greffée sur une cardiopathie mitro-aortique avec syndrome de néphrite aiguë, au cours de laquelle on a noté un certain degré dhippocratisme digital.

c) Forme splénique.

Comme les autres viscères, la rate peut être spécialement atteinte et l'observation XXIII met en évidence une des erreurs de diagnostic qui peut en résulter.

Il s’agit d’un homme que l’on pense atteint d’une léischmaniose, à cause d’un état fébrile, d’une splénomégalie et d’une anémie. Mais l’apparition, au cours d’un hippocratisme digital, accompagné d’autres signes, permet de poser le diagnostic d’endocardite maligne infectieuse.

d) Forme nerveuse.

L'observation III en est un exemple.

La première manifestation de la maladie est, chez cette femme, une äfteinte du système nerveux central se traduisant par une hémiplégie et une paralysie faciale, puis par un coma. Une déformation hippocratique des doigts n’est pas longue à apparaître : elle oriente précocement un diagnostic que évolution ne permettra de poser que quelques mois après.

Cette énumération n’a pas pour but d’épuiser toutes les formes symptomatiques de la maladie de Libman-Osler. Elle met du moins suffisamment en évidence l'attention avec laquelle il faut considérer des signes, en général secondaires, mais qui, dans des cas particuliers, prennent une importance de premier plan. :

L’étiologie de lhippocratisme digital est assez réduite et sa fréquence assez grande, pour que l’on puisse compter sur ce signe pour l'orientation ou l'établissement du diagnostic de ces formes atypiques.

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