‹ L'histoire à l'audienceChapitre 2 sur 16 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

le philosophe, pour l'observateur, pour le moraliste. Nulle part, il n'y a davantage de ressorts cachés : on n'assiste nulle part à des scènes aussi dignes d'être racontées ; nulle part , on ne surprend mieux une époque dans ce qu'elle peut avoir de plus secret. C'est là qu'on apprend à connaître les hommes , par la raison fort simple que les hommes de tous les temps se ressemblent plus qu'ils ne pensent, et que, sous une mobilité apparente , il y a un fond resté le même au travers des changements, des révolutions et des Ages. Le meilleur moyen, pour être indulgent en étant juste, c'est d'étudier le passé; l'esprit s'apaise et s'éclaire à cette étude; on voit, par l'exemple des mêmes reproches et des mêmes fautes, qu'il ne faut pas trop se hAter de flagorner ses contemporains ou de les maudire ; que, dans tous les temps, les mêmes passions ont engendré les mêmes crimes ; que cette transformation miraculeuse, dont l'espérance berce quelques généreux esprits, ne se fera pas un jour, et qu'atout prendre nous valons peut-être mieux que ceux qui nous ont précédés, si on doit mettre, au premier rang des vertus, la politesse des mœurs, l'amour des hommes et le goût des arts utiles.

A ne considérer l'étude des procès que comme exercice de l'esprit, quoi de plus curieux que oette recherche de rinconnu, au milieu des difficuliés de toute sorte, que le temps dissipe ou épaissit, et dont la solution fait des problèmes judiciaires, les plus importants et les plus redoutables de tous les problèmes I Ce n'est pas d abstractions qu'il s'agit , bonnes tout au plus à exciter l'intdUigenGe, et qui ne sont quelquefois pour elle que de nobles jeux ; c'est de réalités, et de réalités iwp souvent douloureuses qui saignent, si on me permet de parler de la sorte, après des sîèdes. C'est le beau oAté de l'homme qu'il y ait en lui un instinci que l'injustice révolte , et dont le cri s'ë

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