‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 11 sur 83 · LA GRANDE PITIÉ DU ROYAUME DE FRANCE · texte numérisé non relu

LA GRANDE PITIÉ DU ROYAUME DE FRANCE

Jeannette apprend tout cela de l'ange; et Jeannette pleure, parce qu'elle aime la France et que la France est perdue. Alors saint Michel la console : Dieu, lui fait-il comprendre, n'a pas abandonné la patrie française. Il l'agrée toujours pour être la bonne et chrétienne nation, gardienne et fille aînée de sa sainte Église catholique, que les horreurs du grand schisme viennent elles-mêmes de désoler. Oui, Dieu veut encore se servir de notre patrie povir défendre son Église ; et c'est pour cela qu'il envoie l'archange de la victoire visiter la terre de France ! Oui, c'est pour annoncer le salut de la France, que Michel est descendu dans notre pays ; c'est pour y préparer l'Être mystérieux, instrument de la délivrance!

Cette révélation console Jeannette et réjouit son cœur; elle remercie l'archange et lui demande le nom du sauveur à venir.

Alors saint Michel regarde l'enfant et lui dit d'une

voix forte : « C'est toi, fille de Dieu! Pars! va en

France, il le faut. » La pauvrette se met à trembler, puis à sangloter; elle sent qu'elle n'est rien, qu'elle ne peut rien : « Je suis une pauvre fille, répond-elle ; je ne sais ni monter à cheval, ni faire la guerre. » Et l'archange répète : « Pars ! va en France, il le faut. » Puis il disparaît.

Elle reste abattue, sans parole, et voidant croire à la voix de l'ange, mais ne comprenant pas encore le choix de Dieu !

Ce que tu ne comprenais pas, humble Jeannette, aujourd'hui nous le comprenons. Dieu chérit la France, son royaume à lui : pour cela. Dieu veut la sauver.

JEANNE DAIU: OU LA PUCELLE DORLEANS

Mais m la sauvant, il veut qu'elle sache que c'est Lui qui la sauve : c'est pourquoi le libérateur qu'il choisit n'est ni roi. ni guerrier, ni quelque homme que ce soit, car le pays eût pu s'attribuer l'honneur de la victoire. Xon, Dieu ne veut pas cela ! c'est Lui qui combattra pour nous : il veut qu'on le sache. Il choisit donc une pauvre petite paysanne qui ne sait ni commander les armées, ni chevaucher, ni même « lire ou écrire; » et c'est ce secours humainement dérisoire qu'il nous envoie, faisant dire par raicliange à l'enfant de Domremy : (( Pars! a a en France, il le faut. »

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