CHAPITRE m
SAINTE CATHERINE ET SAINTE MARGUERITE CONSEILLÈRES DE JEANNE d'aRG
l'invasion Étrangère a domremy — le procks de toul
E sentir choisi de Dieu, devoir parler en son nom, accomplir son œuvre, c'est pour tout être désigné par le Très-Haut une accablante mission; et l'élu ne saura jamais trop s'y préparer, par l'humilité, la prière, le dévouement, le ponctuel accomplissement de ses dcA oirs. C'est pourquoi Jeannette, après la visite des anges, redoubla d'ardeur pour la piété, de zèle pour le travail, d'abnégation pour aider ses parents. Sur leur ordre, elle ito... .lénèi à soigner la maison, à travailler aux champs, ou même (quand venait le toUr de garde pour son père) à conduire le troupeau communal dans une petite île formée par la Meuse ; on avait choisi cet endroit par crainte de ([uelque subite surprise des troupes ennemies, ou des bandes de brigands aventuriers qui ravageaient la contrée.
Mais, tandis que Jeannette appliquait son corps à ces
divers travaux, son àme était aux grandes choses qu'elle avait vues et qu'elle revoyait souvent; elle était aux anges du Ciel, unissant sa prière à la leur. Avec eux, elle adorait son Seigneur Jésus au plus haut des Cieux et dans sa prison de l'Eucharistie. — Saint Michel, maintes l'ois, lui répétait les ordres de Dieu ; mais elle répondait toujours : « Je ne suis qu'une pauvre fille des champs; qui m'apprendra ce que je dois savoir? qui me montrera les choses que je dois faire pour sauver la France ? — Dieu y a pourvu, » dit bientôt l'archange : « deux conseillères célestes te sont accordées. »
Alors, aux côtés de l'archange, Jeannette vit deux ravissantes figures de saintes, portant au front des couronnes d'or, posées sur leurs beaux cheveux ondulés; entre leurs mains elles tenaient la palme du martyre. Elles regardaient Jeannette avec une douceur ineffable ; elles la firent approcher d'elles, l'embrassèrent tendrement, tandis que Jeanne, leur prenant les mains, ne pouvait se lasser de contempler et de jouir de son bonheur. C'étaient sainte Catherine et sainte Marguerite : Dieu les donnait à Jeannette pour l'instruire et la conseiller sa vie durant.
Les secrets de Dieu sont 11 ^ ' ' .^,o». .^ ... est pourtant pas défendu de se demander pourquoi ce grand Dieu, qui pouvait suggérer directement à Jeanne toutes pensées, qui pouvait encore les lui faire donner par des anges ou des saints restant invisibles, a aouIu que sainte Catherine et sainte Marguerite, comme saint Michel, prissent des apparences sensibles et devinssent les guides visibles de celle qu'il s'était choisie ?
LKS VOIX (D'après Lencpvcu — Panlhéon de Paris.)