‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 13 sur 83 · VOIX D'EN HAUT · texte numérisé non relu

VOIX D'EN HAUT

Il faut répondre que cela, sans donte, était ntile afin de frapper dans le cœur de Jeanne, par d'éclatants miracles, sa foi même en sa mission, foi qui devait être inébranlable pour triompher des plus terrililes obstacles; de plus, alîn que Jeanne pût affirmer devant le monde entier et devant la postérité le caractère de cette mission, annoncée par de telles merveilles et démontrée par des merveilles non moins extraordinaires.

Les premières entrevues de la pieuse enfant et de ses Saintes eurent pour unique but de l'affermir encore dans l'amour de Dieu, de la diriger dans sa piété. Gomme elle priait bien, celle qui voyait souvent les anges venir parmi les hommes et converser avec quelques-uns d'entre eux! Elle eût voulu toujours être au pied des autels du Seigneur, où les anges, sur la terre, se donnent rendezvous auprès du tabernacle du vrai Dieu, vivant et caché ! Ne le pouvant pas, et retenue souvent au loin par les travaux de la campagne, oh ! combien elle aimait la voix mystérieuse qui, chaque jour, appelle à h^ prier dans son sanctuaire ! Combien elle aimait la cloche de son église !... Et quel chagrin pour elle, quand le sonneur de Domremy, le bonhomme Perrin, oubliait de sonner la messe ou V Angélus ! Pour assurer son exactitude, Jeannette alla jusqu'à lui promettre de la laine de ses brebis (car il était drapier), filée par eUe en blancs échcA^eaux.

Lorsque ses travaux la dirigeaient du côté de hi chapelle de Bermont, elle passait, au jîied de la statue de Notie- Dame, les instants accordés pour son délassement. Devait-elle, au contraire, travailler de l'autre coté du

village? c'était encore la Bonne Merge qni recevait sa visite et ses prières, en la petite cliapelle nommée l'ermitat»e Sainte-Marie, tout proche du Bois-Glienu. Sis à mi-côte, comme un rideau derrière Domremy, ce bois avait été, dans le temps jadis, transformé par l'imagination populaire en un séjour fantastique;.... mais les fées mystérieuses étaient oubliées au temps de Jeannette, et ce serait la calomnier que de la croire capable d'avoir donné créance à toutes ces folies.

L'esprit de notre chère Jeanne était bien autre part. Eclairé par les lumières divines, il brûlait pour la France d'un patriotisme ardent et s'attendrissait sur les malheurs de la patrie.

La guerre qui désolait le pays avait, d'ailleurs, de lugubres échos dans la a allée de la Meuse; parfois, comme la mer, au jour des tempêtes, étend au loin les ravages de ses flots, la guerre venait désoler jusqu'à l'extrême frontière, jusqu'au village de Jeannette. Vers 1422, la petite fille avait vu des bandes de Bourguignons piller, brûler en partie sa chère église de Domremy; pendant un certain temps, tous les gens du village avaient été contraints, pour assister aux offices, de se rendr<' à l'église de Greux. (Avec Domremy, Greux ne loi niait qu'une seule et même paroisse.)

En 1428, alors (jue les premiers dégâts des pillards étaient à peine ré])arés, des bruits sinistres vinrent de noiivcim ti'oubler les malheureux habitants des ^Marches de Lorraine. Un corps ennemi s'avançait, disait-on, détruisant tonl snr son ])assage. Vite il fallait l'uir, emportant tont ce que l'on pouvait, poussant devant soi les

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