‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 14 sur 83 · VOIX D'EX HAUT · texte numérisé non relu

VOIX D'EX HAUT

troupeaux jusqu'à Neufcliâteau, ville la plus voisine (i). Gomme les autres, Jeannette et sa famille quittèrent le village. Avec leurs amis, leurs voisins, ils parcoururent les deux lieues et demie qui séparent Domremy de Neufchâteau.

O Nos campagnards allaient, comme on le faisait communément à cette époque, chercher derrière les murailles d'une place forte la sécurité que leur refusaient leurs chaumières, décidés à séjourner dans la ville tout le temps que durerait le danger (2).

Les parents de Jeanne, avec leurs enfants et plusieurs des fugitifs, trouvèrent place dans une hôtellerie de Neufcliâteau, tenue par une bonne et digne femme nommée la Rousse. Jeannette, n'ayant plus les occupations des champs, ni celles du ménage, ne voulut point pour cela demeurer oisive : elle a oyait l'hôtesse se multiplier afin de pourvoir aux besoins de ses compatriotes éprouvés par la guerre. Sa charité ne lui permit pas de rester inactive : elle se mit bravement à l'ouvrage, aidant la maîtresse de céans, aA^ec son adresse et son dévouement accoutumés.

Le danger couru par Domremy ne fut pas de longue durée : après une quinzaine de jours d'absence, on s'en revint. Mais cela servit à stimuler davantage encore le côté naturel du patriotisme de Jeannette, que de très

(i) Département des Vosges.

(2) Pour le fait de la fuite à Neufchâteau, eomnie pour celui de Vofjicialité de Toul, nous avons anticipé quelque peu sur les chapitres suivants : le premier fait parait être du mois de juillet 1428 ; le second, du mois de février 1429, lorsque la vie héroïque de Jeanne était déjà commencée.

fréquentes yisions entretenaient, augmentaient sans cesse quant au coté surnaturel.

Désormais, Jeanne connaît son devoir : c'est en Aain que tout sera tenté pour la rattacher à son pays natal, à la vie champêtre; c'est en vain qu'un jeune homme, charmé par sa beauté, demandera sa main, invoquera même une prétendue promesse de fiançailles, Jeannette résistera courageusement. Rien ne relï'rayera, pas même les ennuis d'un procès ecclésiasti([ue que ce prétendant suscitera faussement, pour l'obliger à tenir... un engagement qu'elle n'a pas pris. En effet, elle se rend ellemême devant les juges (i) de Toul, l'un des trois évèchés dits alors vil/es libres; de cet évèché dépendaient spirituellement des terres (V Empire, des terres lorraines, et quelcjues terres françaises, entre autres Domremy. Jeanne confond rinq)osteur cl gagne \v procès. l*uis cHc consacre de nouveau sa vie et sa virginité : Jeanne V(Hdait appartenir loiil à Dieu jxuir (|u"il la donnât tout à la France.

iii:mm ni; vii.i,i;-si"H-ii,LOX Mvèque de Toul.

(I) (;<• (|ir»)ii a])|)cljiit Voflicldlllc. — I/t'vOquc de Toul ('lait alors Henri de \'ilh'-sm-lllou, lioiuiiie tort i('iriar(|iuiblc, dont nous donnons rcHigic lonibale, réceniuicnt découverte.

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