PLAN DE LA CHAPELLE HAUTE
Fétonne par ses réponses lumineuses et sa^es. Sur le dernier point comme sur les précédents, elle est surnaturellement avertie : elle sait que les convenances et les nécessités de sa vocation de soldat et de chef de guerre exio-ent l'habit d'homme et l'armure.
Dieu réservait à Jeanne un autre ami, Jean de Nouillonpont, dit aussi de Metz. Jean de Metz vint un jour à la maison Leroyer, et, voyant la jeune iîlle, dans ses pauvres vêtements rouges, assise et travaillant : « M'amie, lui dit-il respectueusement, que faites-vous donc ici? Faut-il que le roi soit chassé de son royaume, et que nous devenions Anglais? »
Jeanne répondit avec tristesse : « Hélas! je suis venue dans cette ville du roi pour voir Robert de Baudricourt; je lui ai demandé de me conduire ou de me faire conduire vers le roi ; mais le capitaine n'a souci ni de moi ni de mes paroles. Et pourtant il le faut : je dois être en chemin vers le roi avant le milieu du carême ; et j'y serai, dussé-je user mes jambes jusqu'aux genoux ! Personne au monde, ni roi, ni duc, ni fille du roi d'Ecosse (i) ne peut reconquérir le royaume de France ; il n'y a pour notre patrie d'autre secours qu'en moi. Moi, pourtant, j'aimerais mieux filer auprès de ma pauvre mère! Combattre n'est pas mon métier : mais il faut que j'aille et que je le fasse, car mon Seigneur veut que je le fasse.
— Et quel est votre Seigneur? dit Jean.
(i) En ce moment, on venait de conclure des fiançailles entre deux enfants royaux, le dauphin de France (depuis, Louis XI) et Marg-iierite, fille du roi d'Ecosse; et l'on attendait grand avantage de celle alliance, dont tout le monde parlait, môme les gens de Vaucouleurs.
— C'est Dieu! » répoiulit-cUe.
Alors le ehevalier, rempli d'enthousiasme, prit par la main la jeune lille et lui donna sa parole de la conduire au roi de France avec l'aide de Dieu. « Quand voulez-vous partir? demande-t-il.
— Plutôt aujourd'hui que demain, plutôt demain qu'après ! s'écrie Jeanne à l'instant.
— Quoi donc ! a^ec les vêtements que vous avez là !
Cela ne me paraît guère possible.
— Je sais qu'il me faut prendre des habits d'homme; eh bien! je le ferai volontiers. »
Jean de Metz lui lit alors remettre l'équipement d'un de ses serviteurs. Ce qu'apprenant, les habitants de Vaucouleurs se cotisèrent immédiatement pour lui fournir des vêtements d'homme et tout le nécessaire, ainsi qu'un cheval dont le payement fut garanti par Durand Laxart et Jacques Alain. Ce cheval fut reml)oursé dans la suite par Baudricourt lui-même.
On voit que le peuple croyait en Jeanne, et désirait son départ pour l'armée. C'est un honneur pour les petits et les pauvres, d'avoir cru dès le premier moment à la mission de la Pucelle : bienheureux les humbles! — Jeanne, c'était le patriotisme français élevé par Dieu jusqu'au surnaturel, le patriotisme investi d'une miraculeuse mission. Le peuple, quand il n'est pas détourné par de méchauts conseillers, croit en Dieu, croit au miracle, aime et pratique le ])atriotisme; il était logique qu'il a])phiudît à la mission de Jeanne, et qu'il en aidât l'accouiplissement.
Sur CCS entrefaites, arrivait à A^aucouleurs une lettre
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