LES COMBATS D'ORLÉANS
En voyant cette retraite des Anglais, les chefs français hésitent à continuer leur mouvement en avant; mais Jeanne entraîne avec elle une partie de l'infanterie, prend les devants et court établir ses positions dans le faubourg du Portereau, lequel entourait les deux bastilles anglaises sus-désignées ; elle s'avance jusque sous les traits et le feu des ennemis, et plante son étendard sur le rebord du rempart entourant la bastille des Augustins.
Mais, à ce moment, un frémissement de terreur parcourt l'armée française : le bruit s'est répandu que les Anglais arrivent en nombre de la rive droite, au secours de leurs postes attaqués. La panique court de rang en rang. Toutes les compagnies tournent le dos l'une après l'autre, et vont précipitamment reprendre leur position d'attente dans l'île Saint- Aign an. Quelques braves seulement entourent encore Jeanne d'Arc, mais l'entraînent: il faut bien qu'elle recule ! Les Anglais, voyant le mouvement désordonné, sortent en foule de leurs bastilles, et menacent d'un grand carnage les fuyards. Il devient nécessaire de tenir les ennemis en échec, pour permettre à nos soldats d'exécuter sans désastre une retraite qui menaçait de se transformer en déroute.
Jeanne est là, suivant les siens, empêchant leur massacre et se battant avec fermeté; mais elle entend les injures dont les Anglais l'accablent et les huées qu'ils poussent sur les Français en fuite!... Enfin, toutes nos compagnies sont en sûreté dans l'île Saint- Aignan. Jeanne n'a plus à les préserver ; et c'en est trop pour son ardeur guerrière, pour son noble cœur, d'avoir si longtemps reculé : c'est aux ennemis de reculer à leur
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tour. Les Voix célestes n'ont-elles pas prédit la victoire à la Piicelle ? En aA ant donc ! sus aux Anglais !
JEANNE D'AIIC AIIMKE
D'après une rainialmc de la tin du xv siècle.
Et Jeanne, ayant La llirc à ses côtés, derrière elle un groupe d'intrépides chevaliers, — la lance au poing, fond sur les Anglais et les charge avec une incroyable vigueur. L'ennemi ne comprend rien à cette subite volte-face;