‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 40 sur 83 · LA VICTOIRE DE PATAY · texte numérisé non relu

LA VICTOIRE DE PATAY

personnes non-militaires qui, suivant la coutume de l'époque, accompagnaient l'armée ; marchait ensuite tout le corps de bataille, sous les ordres de Raveston, Falstoff, Talbot; en dernier lieu, F arrière-garde, composée d'Anglais de race.

Meung était donc abandonné, quand les Français y parvinrent, convaincus de trouver encore les Anglais. Voyant la ville en leur pouvoir, ils s'arrêtèrent, indé- -^ cis : ils avaient rempli leur mission, et s'étaient emparés de toutes les villes possédées par l'ennemi sur la Loire. L'Anglais fuyait: pourquoi le poursuivre? Et puis, étaitce bien prudent de risquer la fortune d'une bataille rangée?... Depuis tant d'années, les Français n'y recueillaient que des défaites ! les noms sinistres de Grécy, Poitiers, Azincourt, Gravant, Yerneuil, faisaient hésiter les chefs eux-mêmes.

Tels étaient les sentiments qui s'agitaient dans l'armée française, lorsque Jeanne, sur l'ordre de ses célestes conseillères, fit connaître la volonté de Dieu : « Qu'on aille hardiment, s'écria-t-elle, contre les Anglais; ils seront certainement vaincus. Oui, au nom de Dieu, il faut les combattre. Ils fuient, dites-vous?.... Mais quand même ils seraient pendus aux nuages, nous les aurons: car Dieu nous a envoyés pour les châtier. Oh! n'hésitez pas, le noble roi de France aura aujourd'hui la plus grande victoire qu'il ait encore eue; mes Voix m'ont assuré que les Anglais sont tous nôtres. »

En parlant ainsi, la Pucelle rayonnait : sa surnaturelle puissance pénétrait les âmes ; son patriotisme enlevait les cœurs. On obéit donc ; et cette fois, sans hési-

talions ni restrictions. L'armée française s'ébranla, cherchant le Godon, se hâtant ponrle rejoindre. Bon nombre (le chevaliers des mieux montés la précédaient comme éclaireurs. On marcha rapidement, et plusieurs heures

JICAWE LA l'LctLLt, par la princesse Marie d'Orléans. (La princesse est représentée auprès de sa sculpture.)

durant, sans rien rencontrer; mais tout à coup les cavalieis d'avant-g-arde tirent lever un cerf qui s'enfuit devant eux à toute vitesse. A quelques centaines de mètres, h' cerf disparut derrière un pli de terrain, et peu d'nistanls après, des cris tumultueux retentirent :

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