‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 43 sur 83 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

JEANNE rRÉPARE l' ATTAQUE DE TROYES — LA VILLE CAPITULE — LA PUCELLE RACHÈTE LES PRISONNIERS FRANÇAIS DE LA GARNISON ANGLAISB — VISITE DE QUATRE HABITANTS DE DOMREMY — LA REDDITION DE GHA- LOXS ET DE REIMS SACRE DE CHARLES VII

ORTIE du Conseil, Jeanne monte à cheA al. Un bâton à la main, elle court au camp, donne ses ordres et met tout le monde à l'œuvre.

Il s'agit d'abord d'élever des retranchementspourdisposerrartillerie. Elle fait appel à toutes les ^ -^^S^ bonnes Aolontés, et l'on voit chevaliers, écuyers, archers, ouAriers, gens du menu

^V" peuple (i), unir leurs efforts. Ils apportent qui des fagots, qui des poutres, qui des tables, qui des fenêtres descellées, — en un mot, tous les matériaux qui leur tombent sous la main, et le retranchement s'élève à vue d'œil.

Dès que l'ouvrage est terminé sur un point, une pièce

(i) Évidemment : des faubourgs de la ville, des quartiers hors ville.

,8f, JEANNE DAHC Ol" LA PICELLE D'ORLEANS

s'y dresse en batterie, bien abritée contre les projectiles des remparts. Jeanne parconrt les rangs des travaillenrs, les excite; elle a des enconragements ponr tous. Elle se porte, avec une merveilleuse rapidité, d'une extrémité de l'armée à l'autre : elle se conduit comme ferait le général le plus expérimenté. Ces travaux stratécfiques se prolongent durant la nuit entière ; et, le matin, tout est prêt pour rattaqiie.

Jeanne ordonne à ses hommes de se munir de fascines pour combler le fossé. Déjà sa voix énergique et douce commande : « A l'assaut! » quand les portes de la ville s'ouvrent, à la surprise générale. Il en sort l'évêque et les principaux l)ourgeois, demandant à se rendre.

Que s'était-il donc passé? Les habitants de Troyes avaient assisté du haut des remparts aux préparatifs de l'attaque par la Pucelle; en voyant les choses si bien disposées et si rapidement menées, ils avaient été saisis de terreur, et fermant l'oreille aux objurgations des chefs de la garnison anglo-bourguignonne, n'écoutant plus que les conseils de Fr. Richard et de lenr évêque (i), ils avaient décidé de capituler.

Le roi, stupéfait et ravi de voir, contre toute attente, s'accomplir si rapidement la prophétie de Jeanne, se montra facile pour les conditions : les habitants lui jureront obéissance, et lui les traitera en loyaux sujets, donnant pleine amnistie du passé. Quant à la garnison, elle pourra se retirer avec armes et bagages

La nouvelle do l'accord est accueillie de part et

(l> Il s'appelait ,l<aii L;iii,Miist', iioni à rotcuii".

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