‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 64 sur 83 · FOURBE · texte numérisé non relu

FOURBE

N l'admettra sans peine : les soufry frances phvsiqnes et les tortures morales endurées par Jeanne 1^ dans sa prison altérèrent sa santé gravement; elle tomba malade.

Ce fut une nouvelle occasion pour les gens d'Angleterre de dévoiler leurs sinistres projets à l'endroit de la Pucelle . Le comte de Warwick dit en effet très nettement le vouloir de la Cour royale aux médecins qu'il envoyait dans le cachot de Rouen : (( Soignez-la bien, car le roi ne voudrait à aucun prix qu'elle mourût de mort naturelle. // Va chèrement achetée et payée : il ne veut pas qu'elle périsse autrement que par la sentence des juges et sur le bûcher. Faites donc en sorte de la guérir. » Et comme les

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médecins, après examen, déclaraient une saignée nécessaire : « Pas de saignée! reprit AVar^vick; Jeanne est rusée, elle pourrait se tuer. » Néanmoins, on la saiiïna : dès lors elle se trouva mieux.

Mais le tribunal ne voulait pas perdre de temps : il tenait à presser les choses. Malgré la maladie de l'infortunée, Gauchon vint dans sa prison lui faire une exhortation, demandée par un grand nombre de docteurs qu'on avait consultés sur les douze articles. Prenant un ton de fausse douceur, il supplia Jeanne de rétracter ses erreurs et de veiller de la sorte au salut de son âme et de son corps. La Pucelle, étendue sur son lit, épuisée par le mal, eut la force et la candeur de remercier l'évèque de Beauvais du souci qu'il prenait de son salut; puis, dévoilant d'un mot les Arais sentiments de son âme envers l'Église, à l'heure même où l'on cherchait à les obscurcir : « 11 me semble, dit-elle, que ma maladie me met en grand péril de mort. S'il en est ainsi, que la volonté de Dieu soit faite! mais je aous requiers de me faire administrer le sacrement de pénitence et le Corps de mon Sauveur aussi. Enfin, je demande d'être mise en terre sainte. »

A cette touchante prière, le juge inexorable répond : « Si vous voulez les sacrements de la Sainte Église, il laut, comme tous les bons catholiques, vous soumettre a elle (i). — Je ne saurais maintenant vous dire autre chose, » reprend la Pucelle, retombant inerte sur sa

COMcIlc.

(i) Lisrz : « An trihuual du schisiualiqiio Cauchon, »

JEANNE MALADE EN PRISON, par Benouville.

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