‹ L'histoire admirable de Jeanne d'Arc, pucelle d'OrléansChapitre 72 sur 83 · BAS-RELIEF NORMAND DATANT DE LA REPRISE DE ROUEN PAR CHARLES VU · texte numérisé non relu

BAS-RELIEF NORMAND DATANT DE LA REPRISE DE ROUEN PAR CHARLES VU

(Document sur les armures de répoque.)

En entrant à Rouen (i449)^ Charles VII s'était souvenu des événements accomplis dans cette ville vingt ans auparavant : on avait montré, sans doute, à Vex-roi de Bourges, l'emplacement du bûcher de celle qui l'avait fait roi de France, et, dans sa conscience royale, il

36a JEANNE DARC OU LA PUCELLE D'ORLÉANS

s'était reproché son ingratitude pour riiéroïne martyre.

Aussi, dès i45o, il prescrivait une enquête, à Rouen, sur tout ce qui regardait la Pucelle. Deux ans plus tard, on fit, dans la même ville, une seconde enquête, sur mandement de l'archevêque, cardinal d'Estouteville. Enfin, à la demande de la mère de Jeanne d'Arc et de ses deux frères, Pierre et Jean, le Souverain Pontife Galixte III ordonna, par un rescrit du ii juin i455, la re vision du procès de condamnation de la Pucelle. On fit alors ce qui s'appelle dans l'Histoire le procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc (i).

Les juges désignés étaient Jean Juvénal des Ursins, archevêque de Reims; Guillaume Chartier, évêque de Paris ; Richard de Longueil, évêque de Goutances ; et Jean Rréhal, grand inquisiteur de France. Une quadruple enquête fut ouverte simultanément à Domremy, lieu de naissance de la Pucelle, Orléans, Paris, Rouen. La procédure dura huit mois; cent quarante-quatre témoignages furent recueillis. Enfin les juges rendent leur sentence.

Ils annulent, de tous points, tout ce qu'on a fait contre Jeanne ; déclarent les douze articles faux, calomnieux, non conformes aux réponses de l'accusée; constatent que celle-ci s'est soumise à plusieurs reprises au Souverain Pontife; disent à^V abjuration de Saint-Ouen qu'elle est prétendue, fausse, mensongère, extorquée par force et par crainte, en présence du bourreau, sous

( I ) L<' Pape, en chargeant ses délégués de revoir le procès de Rouen, les avait autorisés à donner la sentence définitive et sans appel. Leur jugement est donc, par le fait, la sentence pontificale même.

menace du feu, d'ailleurs, sans que la Pucelle en ait eu préalablement connaissance ou l'ait même comprise; enfin jugent « que les deux procès de lapse (i) et de relapse, entachés de dol, calomnie, iniquité, contradictions, erreurs manifestes de fait et de droit, ainsi que V abjuration susdite, les exécutions et tout ce qui s'en est suivi, ont été, sont et demeureront nuls, non avenus, sans valeur et sans autorité ; et que Jeanne ni les siens n'ont encouru ni tache, ni note d'infamie; ordonnent enfin une double réparation publique, au cimetière de Saint-Ouen et au lieu du supplice de Jeanne. »

(i) Le procès de lapse est le grand procès, celui qui se termine par la scène de Saint-Ouen.

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