CHAPITRE XXXIII
LA MÉMOIRE DE JEAXXE d'auC — MONUMENTS ÉLEVÉS AU XIX« SIECLE — RECONNAISSANCE, ESPÉRANCE — LA CAUSE DE BÉATIFICATION — CONCLUSION.
'ÉGLISE avait lavé l'iionneiir de sa très fidèle enfant, et présentait intacte anx siècles fiitnrs la mémoire de la Pncelle. Cette mémoire a passé par des phases étrangement inégales :
tantôt ce fut le dédain et l'oubli, tantôt la calomnie et l'insulte, tantôt la louange et la reconnaissance. Parmi les contemporains de Jeanne, ses ennemis avaient traité sa personne '"^ et son souvenir avec une telle injustice, avec une rage si persévérante, qu'un courant d'opinion s'était formé, violent et plein d'hostilité pour la mémoire de la vierge d'Orléans. Ses amis, ses enthousiastes admirateurs du xv*^ siècle comme des âges suivants, eurent beau réagir, il resta toujours quelque chose de cette inondation de venin qu'on avait répandu autour de la sainte héroïne ; et, jusqu'à la seconde moitié du xix^ siècle,
l'Histoire racontait sans doute de belles choses de notre Jeanne, mais ne la connaissait que d'une manière imparfaite, tronquée.
Il fallut la publication des pièces authentiques de nos