A LA MEMOIRE DE JEANNE D ARC
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LA BASILIQVE DU BOIS-CIIEXU, IMIKS DOMUKMY (SédiUc, archilCClC.)
archives nationales, pour faire sortir de la pénombre la plus grande figure de l'Histoire de France. Jules Quicherat ouvrit le chemin aux érudits; la liste de ses continuateurs serait trop longue à faire ici : disons
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seulement que l'œuvre est maintenant presque achevée, et que nous connaissons enfin la véritable Jeanne d'Arc ! Avec nous, nos lecteurs ont pu la jug^er, et constater qu'il (( n'est en elle que bien, humilité, virginité, dévotion, honnêteté, simplicité. » Forte de sa mission, en nom Dieu, Jeanne a pu, sans faiblesse, accomplir les œuvres les plus merveilleuses.
Connaître Jeanne, c'était la première condition pour l!aimer. La France avait quelque peu négligé la plus belle de ses filles, sachons franchement l'avouer — en faisant exception pour Orléans, la cité fidèle. — La France fut étonnée d'avoir chez elle un pareil joyau, qu'elle soupçonnait à peine, et se mit à le chérir dès qu'elle se mit à le contempler.
Mais lorsqu'eut sonné l'heure des infortunes de la Patrie, l'amour des Français pour leur Jeanne devint une véritable passion, passion noble et légitime, qui va se développant chaque jour. La Pucelle est enfin aimée comme elle mérite de l'être : elle est comprise, célébrée, fêtée par le peuple français.
« Jeanne d'ivre, c'est l'incarnation de la patrie française.
)) C'est la France du passé, avec les gloires de son génie, de sa bravoure et de sa foi; c'est aussi la France de l'aA enir, avec ses immortelles espérances. » Larenaisnance, à notre époque, des souvenirs de Jeanne, les sympathies enthousiastes que ces souvenirs provoquent, apparaissent comme une indication providentielle, comme une intention de miséricorde de la pari de Celui qui aime la France plus que les autres peuples et que
nos pères acclamaient comme leur ami tout-puissant : T AY// Christus qui amat Francos (i) ! »
Au lendemain de Vannée terrible, les fêtes d'Orléans reprenaient, plus belles et plus pieuses que jamais : que le nom de Mgr Dupanloup y reste attaché! C'est lui qui
LA MAISON NATALE DE JEANNF, d'ahc (Intérieur.) D'après une image populaire.
leur donna cet éclat véritablement merveilleux, continué parles dignes successeurs du prélat, Mgr CouUié (depuis, archevêque de Lyon) et Mgr Touchet; c'est lui qui fit, de ces réjouissances religieuses et patriotiques, la seule cérémonie que l'on puisse réellement appeler le Jour de la Fraternité française .
Dès lors, bien des villes ou des villages se sont fait un honneur de glorifier la patronne des emm/iis. Une niode — .
(i) .Mgr PagU.
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nçmvÊlle s!est^rocluite^ celle du pèlerinage de Jeanne d'Arc, d'une visite^au^localités que la douce héroïne iL^sinÇtifiées de sa^^^^^^ quelle joie pour les
déyots^j^la Pucell^^^ rencontrent un nionii-
ment, à la mémoire de la « fille au grand cœur ! »
DmnremYj^berceau de Jeanne ! non loin de l'inestimable j?ïrt;^o^«^/«/^ élève une basilique, sous le patroimg^^kXévequeJLe Sanit^^ côté de
la porte de France, où^ Baudricourt^ donnait son épée à la petite paysanne^onstruit « le Monument national » et restaureja^rypte.desiarme^ » — grâce aux efforts de l'évêque de Verdun, d'ailleurs secondés par l'État, Neufcliâteau, Nancy^ Ghinon possèdent des statues plus ou moins ^randioses^ Orléans a son splendide musée. Mgr Toucliet projette pour Patay, grand nom~et petit village, un monument unissant le souvenir de Jeanne à^elui des combattants de l'armée de la Loire (1870-71). ReimSL-doit à son digne archevêque, le cardinal Langénieux, si zélé pour la Pucelle, deux statues des plus remarqu al^les^. jjiris en montre deiix également^ suJi-ses places publiqueSjjr- dont Tune auprès de cette butie^Saint- Roch ùi\ s'est produite l'attaque du ^septemJ^re^ 1429^ Gompiègne aja sienne^.J^Quen enfin, par les soins de son^ a rclieveqiie .défunt,-^ Thomas, a bâti sur la
colline d e Bon-Secours im^monument expiatoire, dans l^qu el/<?rt/i/i(? prisonnière jept représentée sous une coupole ajourée : du haut de son piéde&Lal^Ieiuine contenLpl£-Ie.s-flatS-jle Ja Seine, où la vindicte anglaise lui dQnna-.&QrLro3 al tombeauJ^
Nous en passons, ne pouvant tout nommer. Ge n'est
pas qu'il y ait trop de ces monuments de la reconnaissance : au contraire! Et l'on doit dire, en modifiant le
MONUMENT MVi BON-SKCOUHS PRÈS HOL'E.N (Liscll, architCCtc.)
mot de l'héroïne : « Plus il y en aura sur le sol de France, mieux en sera-t-il! »
Un tel enthousiasme est-il exagéré? — Nous espérons que nul parmi nos lecteurs ne sera d'un tel avis. Si Jeanne
JEANNE d'arc A REIMS (Statue de Saint-^Marceau.)
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d'Arc est pour nous comme le symbole de FEspérance, comme la statue de la YictoireJ'uture, c'est qu'^îilèïtet elle a sauvé la France dejualheurs incomjparablement^ 42IUS affreuxjj^ue^tout ce que, notre siècle, bien éprouvé crajjj^uTs^.a^soufFert de tristesses et d'humiliations.
Nous ne referons pas ici l'effrayant tableau de « la grande pitié qui était au royaume de France. » Mais nous voulons citer les paroles d'un vieil auteur, parlant des calamités de la guerre de Cent Ans :
« On disait en commun proverbe que les Anglais, par leur puissance, mmient fait venir les bois en France, ainsi qu'il me souvient l'avoir ouï dire maintes fois dans ma jeunesse, à d'anciennes gens qui certifiaient avoir vu toute la France déserte (d'habitants) et remplie de bois. Ils disaient que leurs pères avaient expérimenté les ravages des Anglais, et que, sous les règnes de Charles VII et de Louis XI, on avait commencé à essarter les bois, défriclier les champs et rebâtir les villages. Ce qui est en somme le grand bien qu'il a plu à Dieu moyenner par la Pacelle, qui devrait avoir autant de statues de bronze en France que jadis on en dressa à Démétrius Phaléréus en Grèce, — le méritant beaucoup mieux. »
Voilà ce que pensaient de Jeanne ceux qui se rappelaient encore les épouvantements de la guerre anglaise ! N'ayons donc pas peur d'étaler notre admiration à son endroit. Jeanne est la plus belle fio^ure de l'Histoire de France^pour ne pas dire de l'Histoire universelle, même avant jiûtre grandsaint Loujs,,
Une seule gloire^ lui manquait : l'auréole des saints.
Et voici qiio Léon XllU Lumen in cœlo, prêtant l'oreille à la demande nnanime des évêques de France, comme à celle de nombreux prélats étrangers (i),-a signé Tintroductiûn de. la cmise Ao^ Jiéatilmâtion de Jeanne d'Arc.
Depiiis-ij£— a7^4aJiyier^8Q4i-date mémorable! notre héroJLne egt In pt^n/^v£LhJ^ tiorooMte. de Bien, Jeanne la
JBiicellej(2)-
Il appartenait à l'immortel pontife qui préside avec une sagesse surnaturelle aux destinées de l'Église , au Pape qui donne à la France tant de gages de son paternel amour, de commencer une œuvre si chère à tous les Français. Bientôt, nous devons l'espérer, la France comptera dans la phalange des Saints une patronne de plus, sœur puînée de Geneviève et de Clotilde, mais plus grande que ses deux aînées (3).
(i) En 185-, le 8 mai, Mgr Gillis, évêque anglais, prononçant le panégyrique de la Pueelle eu la cathédrale d'Orléans, ne craignait pas de séerier : « Il y a une page que, pour Thonneur de mon pays, je ne voudrais pas trouver dans l'Histoire, la page qu'éclaire, à notre honte, le
bûcher de Rouen Je crois à Jeanne d'Arc, et je ne puis voir en elle
autre chose qu'une envoj'ée de Dieu. »
C'est d'Orléans que devait partir la demande de canonisation de l'héroïne : le 8 mai i8G(), Mgr Dupanloup et douze évèques autour de lui réunis adressaient au pape Pie IX ime première supplique, à laquelle le Souverain Pontife répondait en rappelant la règle générale de l'Église et réclamant ren{|uéle de l'évèque diocésain. Alors commencèrent les trois procès d'Orléans.
(2) Le décret pontifical du 2- janvier iBo'J figure aux Pièces jiistificalives du présent ouvrage (N '. vu) — On trouvera lliistorique C()nij)let du procès de béatification jusqu'à ce jour, dans une notice de l'abbé H. Dkbout (Maison de la lîonnc Presse, 8, rue François I", Paris).
Ci) La ])ensé(Mrespérance (ju'évoque le nom seul de Jeanne d'Arc était élo(piennnent développée, il n'y a pash)ngtemps (i- janvier i8<)5), devant les Dames de rAssonq)tion, de Rome, par le cardinal/>one/i/ de la cause. L'Kminenlissime L.-M. Parocchi s'exprimait de la manière suivante : « Ils entrent, ce semble, dans les plans de Dieu pour la Fille aînée de l'Église,
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En attendant, prions Jeanne clans l'intime de nos cœurs, et supplions-la de hâter elle-même l'heure où nous aurons droit de lui rendre un culte public.
Puissent les deux auteurs de ce modeste livre, écrit pour répandre la connaissance et l'amour de la Pucelle ; puissent ces deux humbles servants de la céleste chevalière, vivre assez longtemps pour entendre sonner
l'heure solennelle ! Quelle joie^urjes^cœurs fran-
(gais, quand toutes les églises de la France et de l'univers retentiront de ces douces litanies :
Sainte Jeanne d'Arc, priez pour nous !
Mère de la Patrie, priez pour nous !
Vierge héroïque et très chaste, priez pour nous !
ces applaudissements unanimes qui acclament le nom de Jeanne d'Arc. Le Seigneur, qui est toute sagesse et toute bonté dans le secret de ses voies, aurait-il permis que les démarches de tant d'évêques illustres fussent heureusement couronnées par le décret de Léon XIII, si la Pucelle libératrice n'avait encore une mission à remplir à l'avantage de son pays? »
PORTRAIT DK JEANNE d'aRC
D'aprùs une iiiinialurc contemporaine.
(Collection Spetz.)
(Edité par la Société de Saint-Jean.)
PIÈCES JUSTIFICATIVES
(Pour la page 91.)
Siw r armurier Colas de Montbazon.
On savait seulement jusqu'à présent que ce Colas était l'un des élus de Tours. D'après une intéressante trouvaille de M, J. Messirc, publiée dans sa Jeanne d'Arc en Touraine, il semble que le même Colas ait été l'armurier en renom de la ville :
« Peut-être, dit M. Messire, les diverses parties de l'armure de Jeanne d'Arc furent-elles fabriquées dans la rue Colbcrt, alors Grande Rue. INIoins de cent ans après (iSaS), on y voyait, en effet, une maison où pendait l'enseigne A la Piicelle armée, sans doute en souvenir du l'ait que nous signalons. (Archives d'Indre-et-Loire). Les pièces, on pourrait le croire, sortaient de l'atelier de Colas de Montbazon, intimement lié avec l'artiste qui peignit la bannière de Jeanne. Son fils, Guillaume de Montbazon, fut aussi armurier; en 1485, il fit plusieurs parties de son mestier pour Mgr le duc d'Orléans. (Bibliothèque de Tours. Ms laai.)
JEANNE DARC OU LA PLCELLE DORLEANS