M LE SONGE
somptueux édifices dont Babylone avait été .embellie par ses soins , il s -écria, dans un nouvel accès de vanité : <ic Voilà donc cette (( grande Babylone, que j'ai rendue si ma- <( gnifique , et qui sera pour jamais un mo- (( nument de ma gloire ! v En disant ces mots , il était presque tenté de se croire upe divinité.
Mais un châtiment terrible lui fit bien voir à Tinstant même qu'il n'était qu'un homme, et même un homme coupable aux yeux de Dieu ; car il perdit subitement la raison , et , chassé de son palais yiï fut réduit , selon les explications de Daniel , à broutÀ* Therbe des champs pendant sept années. Ses cheveux crurent et couvrirent son corps, dit-on, comme les plumes d*un aigle, et ses ongles s'allongèrent comme les gri£Fes des oiseaux.
Après que le temps marqué pai* la prophétie de Daniel fut accompli, les officiei's de la couronne allèrent chercher le monar* que dans la campagne ; alors il recouvra à la fois la raison et la forme humaine , et rede-
DE NABUCHODONOSOR. 89 û
vint, qomme auparayant, un prince habile et redoutable ; mais celte fois il était corrigé de son orgueil , et reconnaissait que Dieu seul est plus grand que tous les puissans de la terre. Depuis cette époque , son règne fut plus glorieux que jamais , et lorsqu'il mourut, il eut pour successeur son fils^ nommé Balthazar, sur lequel j^aurai bientôt de nouveaux récils à vous faire.
Cette histoire de Nabuchodonosor , mes petits amis, toute merveilleuse qu'elle nous parait , renferme une sage leçon quMl ne faudra point oublier : elle nous apprend que l'orgueil est un défaut si condamnable, qu'on ne saurait trop l'éviter dans quelque position que Ton soit placé , puisqu'il fait perdre la raison aux hommes les plus sensés, en les rendant tout à coup stupi-* des et hors d'état de se conduire euxmêmes./
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