LES PREMIERS EGYPTIENS
Temps incertains.
Il y a en Afrique, sur les bords de la mer , une contrée qu^un grand fleuve traverse et baigne de ses eaux ; cbaque année, aux premiers jours de l'été, ce fleuve s'élève aU-dessns de ses rives et se répand dans les campagnes, que ses flots couvrent bientôt entièrement^ puis, après quelques jours de cette vaste inondation, on les voit se retirer lentement , laissant la terre couverte d'un limon bienfaisant qui la fertilise, et lui fait produire d'abondanles moissons.
BIST. AXTCIEXÏITK. 5« ÉD. I
a LES PREMIERS ÉGYPTIENS.
Ce fleuve remarquable se nomme le Nil, et le pays qu'il arrose ainsi est TÉgypte , dont il est souvent question dans l'Histoire sainte.
Dans les plus anciens temps dont on ait gardé la mémoire , TÉgypte n'avait qti\in petit nombre d'babitans, qui d'ailleurs étaient si grossiers et si ignorans , qu'ils prétendaient que leurs ancêtres étaient nés, avant tous les autres hommes, du limon du Nil échauffé par le soleil; ce^qui était bien ridicule , je vous assure, car la terre n'a jamais produit des hommes comme elle fait pousser des arbres , et il n'y a que Dieu seul qui ait pu créer nos premiers parens. Ces premiers habitans de l'Egypte n'avaient d'ailleurs aucune idée deTagriculture, qui est l'art de cultiver les champs, et dans le pays le plus fertile du monde, ils se nourrissaient des racines et des herbes que la terre donne naturellement avec tant de libéralité.
Mais voici <iu' un peuple noir, qui pré-' tendait descendre de Cham , ce fils du
, LES PREMIERS ÉGYPTIENS. 3 vieux Noé que le patriarche avait maudit pour lui avoir manque de respect, vint de rjÊTHiopiB , contrée voisine que le Nil traverse également , et où.ron trouve de Tor , du bois d^ébène et des depts d'éléphans , d'où Ton tire Tivoire. Ce peuple nouveau descendit un jour le long des rives du fleuve , et après avoir fondé une ville qui reçi}t le nom de Méroé j il se répandit avec rapidité sur toute Tétendue de rÉgypte.
Ces étrangers connaissaient Tagriculture; ils savaient faire usage de la charrue^ et leur premier soin fut d'enseigner aux Égyptiens la manière d'employer cet utile instrument. Aussi les prêtres de Mé-* roé, qui étaient en même temps les princes de rÉthiopie , faisaient-ils un si grand cas de cette précieuse invention , qulls portaient, au lieu d'un sceptre, un soc de charrue , c'est-à-dire la partie de cet in« strument qui déchire la terre et la rend féconde.'
Cependant les nouveaux venus ne tar-