UES MONUMENS DE L'ÉGTPTE
pas besoin de tous dire, je pense, que de pareils animaux n'ont jamais existé, mais on croit que les Égyptiens figuraient par ces bétes fabuleuses un des mystères de leur religion , dont Texplication n'est point parvenue jusqu'à nous.
Vous entendrez peut-être parler encore, à propos de l'Egypte, d'une statue en bronze représentant un prince nommé McMiroif , qui chaque jour, aux premiers rayons du soleil, rendait, dit-on , un son plaintif et harmonieux : les Égyptiens prétendaient aussi posséder le fameux PHânix, oiseau merveilleux, dont le plumage d'or était mêlé de blanc et d'écarlate, et qui, étant seul de son espèce, se brûlait lui-même sur un bûcher lorsqu^il était vieux , pour renaître de ses cendres plus jeune et plus beau que jamais. .
Ce sont de ces contes auxquels il ne faut pas ajouter foi, à moins que l'on ne pense que la statue de Memnon ne rendit ce son par quelque artifice des prêtres idolâtres qui la gardaient; quant au Phénix,
LES MONUMENS DE L'EGYPTE. 25 je puis TOUS assurer que l'on n'a jamais vu d'oiseau semblable.
^ Le plus fameux et le plus puissant des rois égyptiens fut Sésostris, que l'on nomme aussi quelquefois Ramsès-le-Grandy dont l'histoire serait bien intéressante , si elle n'était mêlée d'une multitude de fables, parmi lesquelles il est difficile de distinguer la vérité.
Aménophis , son père , le même qui se noya dans la mer Rouge , avec son armée , en poursuivant les Israélites, voulant lui assulrer dès le berceau un grand nombre d'amis, ordonna qV^ serait élevé avec tous les petits garçons ^ui étaient nés à llièbes le même j our que lui : il y eut ainsi dix-sept cents énfans qui grandirent avec Sésostris , apprirent tout ce qu'il apprit , et l'aidèrent ensuite à devenir un des plus puissans rois dû monde , car ils l'aimaient tous comme un frère.
Ce devait être un spectacle intéressant, à voir que celui de ce jeune prince , entouré lie tant d'enfans de son âge , dont il msT. AnciBim. 5* in. a
a6 LES MONUMENS DE L'EGYPTE, faisait ses amis et ses compagnons ; ce fut en vivant au milieu d'eux qu'il apprit à s'en faire aimer, et à traiter plus tard tous les hommes comme il avait traité ses compagnons d'enfance.
Le grand Sésostris , qui se rendit maitre, dit-on , d'une partie de la terre , et qui fut vraisemblablement un des plus puissans Pharaons de l'Egypte, est figuré de diverses manières sur la plupart des monumens qui subsistent encore dans cette contrée :
tantôt on le voit combattant les rois d'Ethiopie , qu'il oblige à déposer à ses pieds de riches tributs d'or, de bois d'ébène et d'ivoire; tantôt il est représenté mettant en fuite des princes d'Asie, reconnaissables à leurs robes traînantes et à leurs coiffures élevées. D'autres fois ces peuples paraissent devant lui vaincus et enchaînés.
Sésostris, mes en fans, ne fut pas seulement un prince conquérant et redoutable, mais il se montra en même temps sage législateur et monarque bienfaisant ; il partagea l'Egypte entière en trente-
LES MONUMENS DE L'EGYPTE. 27 six KOMEs ou provinces différentes^ et distribua aux guerriers qui avaient contribué à sa gloire et à ses exploits la troisième partie des terres de son royaume, sous la condition que leurs descendans qui, après eux, conserveraient la Jouissance de ces terres, seraient toujours prêts à prendre les armes pour la défense de leur patrie. On doit regretter, cependant, que ce grand roi , dans sa vieillesse , étant devenu aveugle, n'ait pas supporté cette affliction avec la patience que chacun de nous doit opposer aux épreuves qu'il plait à la Providence de nous faire subir, et qu'il se soit donné la mort pour échapper à la douleur qu'il ressentit d'avoir perdu la lumière. Les Égyptiens, reconnaissans envers sa mémoire, lui élevèrent des temples, QÙ ils l'associèrent aux honneurs divins qu'ils rendaient aux objets de leur vénération.
Ce fut vers le temps de Sésoslris , mes petits amis, qu'un Égyptien, nommé Cé- CROPS , suivi d'un certain nombre de ses
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