SCÈNE III
Les mêmes, ANTOINE, MADAME WOLF.
MADAME WOLF, entrant.
Marie!.. Marie!..
MARIE, se retournant.
Madame Wolf!..
MADAME WOLF, tremblante.
Oui, c’est moi, mon enfant, avec ce brave Antoine qui t’ap* porte des nouvelles.
TODS.
Des nouvelles!..
MARIE , très-émue.
De lui, n’est-ce pas?., de lui?..
ANTOINE
Oui... oui, Madame, oui...
MARIE
Il existe!.. Mais où Lavez-vous vu? où Pavez-vous quitté pour la dernière fois?... Quand puis-je espérer de le revoir enfin?..
ANTOINE, avec force.
Quand vous le reverrez ? '
MADAME WOLF, bas.
Prenez garde... Voyez comme elle est pâle et faible !
ANTOINE
Eh bien... quand nous nous sommes quittés... c’était... c’était à Leipzig...
TOUS
A Leipzig!..
marie. 1
A Leipzig!.. C’était bien loin encore!..
ANTOINE
C’est vrai; mais... nous nous sommes revus depuis...
MARIE
Ah!..
Nous nous sommes rencontrés à Strasbourg...
MARIE
A Strasbourg!., en France!., c’est-à-dire hors de danger!
ANTOINE
Oui, le danger avait cessé, il ne restait plus que l’épuisement, la fatigue... et nous étions bien accablés... quand nous arrij’ions ensemble... à Paris...
MARIE
A Paris !.. vous y étiez avec lui ?
ANTOINE
Là, nous avons reçu l'ordre de nous diriger sur Grenoble...
MARIE
Il vient, alors?., il vient?..
ANTOINE
Oui, Madame, oui, il vient... mais comme on lui avait dit que votre santé affaiblie exigeait des ménagements... il a pensé... ce matin... qu’il valait mieux vous prévenir...
MARIE, hors d'elle-même.
Ce matin !..
ANTOINE, très-ému.
Et... il vient de m’envoyer le premier... tout à l’heure... à l’-instanl...
MARIE
Ah!., il est ici... il est ici... près de moi !..-
FRANÇOIS, appelant.
Marie !