‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 100 sur 129 · TOUTE-PUISSANCE DE LOUIS XI · texte numérisé non relu

TOUTE-PUISSANCE DE LOUIS XI

<i'observer inyiolâblement ce qui est ici proclamé par lettres patentes.

« Ainsi seront lesdites lettres notifiées à notre conseil, aux gens de notre parlement de Paris, à tous les officiers, maréchaux, sénéchaux, gouverneurs et l)aillis de nos princes, pour être exécutées ponctuellement et de bonne foi. Fait et donné aux Montilsles-Tours. » Le dauphin a signé en septembre comme roi.

§ 9. — TOUTE-PUISSANCE DE LOUIS XI. — ÉTAT DE SES RELA- TIONS AVEC LES GOUVERNEMENTS ÉTRANGERS (1483).

{Mémoires de Commines, livre VI.)

Or donc ce mariage de Flandre fut accompli que le roi avait fort désiré, et tenait les Flamans à sa porte. Bretagne, à qui il portait grande haine, était en paix avec lui, mais il les tenait en grande crainte, pour le grand nombre de gens d'armes qu'il tenait logés à leurs frontières. Espagne était en repos avec lui, et ne désirait le roi et la reine d'Espagne sinon qu*amitié; et il les tenait en doute et dépense, à cause du pays de Roussillon, qu'il tenait de la maison d'Aragon *, qui lui avait été baillée par le roi Jean d'Aragon, père du roi de Castille, qui règne de présent, en gage, et par aucunes conditions qui encore en sont vuidées. Touchant la puissance d'Italie, ils le voulaient bien avoir pour ami, et avaient quelques considérations avec lui, et souvent y envoyaient leurs ambassadeurs.

1. Les comtés de Roussillon et de Cerdagne furent engagés à Louis XI par Jean II, roi d'Aragon, pour trois cent mille écus, en 1462.

En Allemagne, avait les Suisses qui lui obéissaient comme ses sujets. Les rois d*Ecosse et de Por-tugal étaient ses alliés. Partie de Navarre faisait ce qu'il voulait. Ses sujets tremblaient devant lui. Ce qu'il commandait était incontinent accompli, sans nulle difficulté ni excusation. Touchant les choses que Ton pensait nécessaires pour sa santé, de tous les côtés du monde lui étaient envoyées. Le pape Sixte, dernier mort, étant informé que par dévotion le roi désirait avoir le corporal sur quoi chantait monseigneur saint Pierre, tantôt le lui envoya, avec plusieurs autres reliques, lesquelles lui furent renvoyées. La sainte Ampoule qui est à Reims, qui jamais n'avait été remuée- de son lieu, lui fut apportée jusques en sa chambre au Plessis ; et était sur son buffet. à l'heure de sa mort; et avait intention d'en prendre semblable onction qu'il en avait pris à son sacre, combien que beaucoup de gens cuidaient qu'il s'en voulsist oindre tout le corps, qui n'est pas vraisemblable; car ladite sainte Ampoule est fort petite, et n'y a pas grande matière dedans. Je la vis à l'heure dont je parle, et aussi quand ledit seigneur fut mis en terre, à Notre Dame de Cléry. Le Turc *, qui règne aujourd'hui, lui envoya une ambassade qui vint arriver jusques à Riez en Provence; mais ledit seigneur ne la voulut point ouïr, ni qu'elle vînt plus avant. Ledit ambassadeur lui apportait un grand rouleau de reliques, lesquelles étaient encore à Gonstantinople, entre les mains dudit Turc, lesquelles choses il offrait au roi avec grande somme d'argent, pourvu que ledit seigneur voulsist bien faire garder le frère dudit Turc, lequel était en ce royaume entre les

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