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TOUTE-PUISSANCE DE LOtJiS Xl 6i
mains de ceux de Rhodes, et à présent à Rome es mains du Pape *.
Par toutes les choses dessusdites l'on peut connaître le sens et la grandeur de notre roi, et comme il était estimé et honoré par le monde, et comme les choses qui sont spirituelles, et de dévotion et religion, étaient employées pour lui allonger sa vie, aussi bien que les choses temporelles. Toutefois le tout n'y fit rien ; et fallait qu*il passât par là où les autres sont passés. Une grâce lui fit Dieu ; car comme il l'avait créé plus sage, plus libéral et plus vertueux en toutes choses que les princes qui régnaient avec lui, et de son temps, et qui étaient ses ennemis et voisins, avec ce qu'il les passa en toutes choses, aussi les passa-t-il en longueur de vie; mais ce ne fut de guères; car le duc de Bourgogne Charles, la duchesse sa fille, le roi Edouard, et le duc Galéas de Milan, le roi Jean d'Aragon, tous ceux-là étaient morts peu d'années paravant lui. De la duchesse d'Autriche et du roi Edouard, et de lui n'y eut comme rien à dire. En tous y avait du bien et du mal, car ils étaient hommes ; mais sans rien user de nulle flatterie, en lui avait trop plus de choses appartenantes à office du roi et de prince, qu'en nul des autres. Je les ai presque tous vus, et su ce qu'ils savaient faire, parquoi je ne devine point.
1. C'était le sultan Djem, qui fut depuis empoisonné par le pape Alexandre VI, en 1494.
PRINCIPALES INSTITUTIONS DE LOUIS XI. — JUSTICE ET FINANCES. — LES ÉTATS GÉNÉRAUX. — LES OR- DONNANCES ET RÈGLEMENTS MILITAIRES.— PARIS SOUS LOUIS XI. — VILLON.