‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 12 sur 129 · LE SIÈGE d'ORLÉANS. — LA JOURNÉE DES HARENG · texte numérisé non relu

LE SIÈGE d'ORLÉANS. — LA JOURNÉE DES HARENG

(12 février 1429).

(Monstrelet, Chroniques, 1. II, cb. lvi.)

En ces jours, le duc de Bedfort, régent, étant à Paris, fit assembler, tant des marches de Normandie comme TIle-de-France et à l'environ, de quatre à cinq cents chars et charrettes, lesquels, avec la diligence de plusieurs marchands, furent chargés de vivres, artilleries et autres marchandises, pour mener devers les dessus dits Anglais qui étaient au siège d'Orléans. Et après que ledit charroi et autres besognes furent prêts, tout fut baillé à conduire à messire Jean Fascot, grand-maitre d'hôtel dudit duc de Bedfort; avec lequel furent commis le prévôt de Paris, nommé Simon Matthieu, le bâtard de Thien, chevalier, bailli de Senlis, le prévôt de Melun et plusieurs autres offîciers des marches de l'Ile-de-France et d'environ, accompagnés de seize cents combattants et bien mille communs, avec lesquels se départit ledit Fascot de Paris, le jour des Cendres; et condui-

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sitpar plusieurs journées ledit charroi et ses ^ns en bonne ordonnance, jusqu'environ à un viUa^e nommé Rouvroy, en Beauce, séant entre Jan ville et Orléans.

Auquel lieu étaient assemblés pour les combattre plusieurs capitaines français qui long temps par avant savaient assez bien leur venue, c'est à savoir Charles, duc de Bourbon, les deux maréchaux de France, le connétable d'Ecosse et son fils, le seigneur <ie Chauvigny, le seigneur de Graville, messire Guillaume d'Albreth, .le vicomte de Thouars, le bâtard d'Orléans, messire Jacques de Chabannes, le seigneur de La Fayette, Pothon de Saint-Treille, Etienne de Vignolles, autrement appelé La Hire, messire Théolde de Valeperghe et plusieurs autres nobles hommes, •qui tous ensemble avaient de trois à quatre mille combattants : desquels lesdits Anglais savaient bien rassemblée par aucuns de leurs gens des garnisons qu'ils avaient audit pays. Et pour tant en bien grande diligence firent de leur charroi un grand parc en plein champ, auquel ils laissèrent deux issues ouv«*tes, et se mirent tous ensemble dedans icelui, c'est à savoir, les archers gardant icelles entrées, et les hommes d'armes assez près es lieux nécessaires. Et à l'un des côtés, au plus fort lez *, étaient les marchands, charretons, pajges et autres gens de petite i^fense, avec tous les chevaux. Lesquels Anglais, en cet état, attendirent bien deux heures leurs ennemis, lesquels en grand bruit se vinrent mettre en bataille devant ledit parc hors du trait. Et leur semblait , attendu le moleste et le grand nombre qu'ils étaient et qu'ils n'avaient à faire qu'à des gens de plusieurs

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