‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 13 sur 129 · Côté, du latin kUus · texte numérisé non relu

Côté, du latin kUus

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terres, et n'y avait que de cinq à six cents Anglais de la nation d'Angleterre, qu'ils ne pouvaient échapper de leurs mains et seraient tantôt vaincus. Néanmoins, les aucuns faisaient grand doute que le contraire ne leur advînt, pource que les capitaines

Sceau de Jean Danois, bâtard d'Orléans.

(ArclÛTes nationales, n* 978.)

d'iceux Français ne se concordaient point bien ensemble; car uns, et par spécial les Écossais, voulaient combattre et batailler à pied, et les autres voulaient demeurer à cheval.

Et adonc Charles de Bouriwn fut fait chevalier du seigneur de La Fayette et aucuns autres; et entretemps ledit connétable d'Ecosse et son fils se mirent

à pied, et avec eux tous leurs gens. Si allèrent en assez bref terme, les uns à pied, les autres à cheval, envahir et combattre leurs adversaires et ennemis, desquels ils furent reçus très courageusement. Et commencèrent les archers anglais, qui étaient très bien targés de leurdit charroi, à tirer très raidement, duquel trait, de pleine venue et rencontre, lirent rebouter arrière d'eux ceux de cheval avec les hommes d'armes. Et lors, à l'une de leurs entrées, se combattirent ledit connétable d'Ecosse et ses gens, qui, en bref comprendre, furent déconfits et morts en la place. Et fut mort messire Jean Estouart, avecque lequel furent morts son fils, messire Guillaume d'Albreth, seigneur d'Orval, le seigneur de Château-Brun, le seigneur de Mont-Pipel, messire Jean Larigot, le seigneur de Verduisant, le seigneur Divray, le seigneur de la Grève, messire Antoine de Puilly et bien six vingts gentilshommes et autres, jusqu'au nombre de cinq ou six cents combattants, desquels la plus grand'partie étaient Écossais; et les autres capitaines dessus dits atout leurs gens se départirent et s'en r' allèrent es parties dont ils étaient venus. Et les dessus dits Anglais qui pour lors étaient adversaires et ennemis des Français, comme ils avaient accoutumé, se rafraîchirent et se retrahirent cette nuit le plus tôt et le plus diligemment comme faire le purent en leur dite ville de Rouvray. Et le lendemain ensuivant s'en partirent; et s'en retournèrent les dessus dits Anglais en moult bonne ordonnance, avec leur charroi et leur artillerie comme brigandines, heaumes, arbalètes, bâtons à feu et plusieurs autres armures qu'il faut à gens xie guerre , par aucuns peu de jours, devant ladite viUe et noble cité d'Orléans moult joyeusement, tant pour la bonne

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fortune qu'ils avaient eue comme pour les Virres qu'ils leur menaient.

Si fut la journée dessus dite, depuis oe jour en avant, en langage commun, appelée la bataille des Harengs. Et la cause de ce nom si fut pource que que grand'partie du charroi desdits Anglais étaient chargés de harengs et autres vivres de carême. Pour laquelle maie aventure ainsi advenue Charles eut au cœur grand'tristesse, voyant de toutes parts ses besognes venir au contraire et persévérer de mal en pis. La dessus dite bataille de Rouvray fut faite la nuit des brandons, environ trois heures après minuit; et n'y eut mort, de la partie des Anglais, de gens de nom, qu'un seul homme, nommé Bresanteau, neveu de messire Simon Morbier, prévôt de Paris. Et y furent faits chevaliers, de la partie des Anglais, Gallois d'Aunay, seigneur d'Orville, le grand Raoulin et Louis de Lexu, Savoyen. Et pouvaient être les dessus dits Anglais environ dix-sept cents combattants de bonne étoffe, sans les communes. Et comme dit est dessus, les Français étaient bien de trois à quatre mille. Et furent faits chevaliers avec ledit Charles de Bourbon, le seigneur de Château- Brun et plusieurs autres; et n'y eut pour ce jour pris qu'un prisonnier qui était Ecossais.

LA FRANCE SAUVÉE PAR L'INTERVENTION DE D'ARC — SACRE DE CHARLES VU A REI PUCELLE ÉCHOUE AU SIÈGE DE PARIS — ELL#. EST PRISE A COMPIÉGNE — SON PROCÈS ET ^■ MORT — (1429-1431) *

La situation de Charles VU paraissait désespéi*é0^ lorsque Vintervention d'une simple fille des champ% Jeanne d'Arc, vint sauver* la royauté et la nationalité françaises.

§ 1. — APPARITION DE JEANNE d'ARC A CHINON. — ELLE DÉCIDE LE ROI A UNE TENTATIVE ÉNERGIQUE POUR DÉLIVRER

ORLÉANS (mars 1429).

(Monstrelet, Chroniques, 1. Il, ch. Lvn.)

En l'an dessus dit, vint devers le roi Charles de France, à Ghinon, où il se tenait, une pucelle, jeune lîlle âgée de vingt ans ou environ, nommée Jeanne, laquelle était vêtue et habillée en guise d'homme ; et était née des parties entre Bourgogne et Lorraine^ d'une ville nommée Droimy *, assez près de Vaucoulour ^, laquelle pucelle Jeanne fut grand espace

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