‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 126 sur 129 · LOUIS XI A PLESSIS^LEZ-TOURS · texte numérisé non relu

LOUIS XI A PLESSIS^LEZ-TOURS

et ne pouvait Ton à peine croire qu'il fût malade. Hors le royaume envoyait gens de tous côtés en Angleterre pour entretenir ce mariage ; et les payait bien de ce qu'il leur devait, tant le roi Edouard que les particuliers. En Espagne avait toutes paroles d'amitié et d'entretenement, et présens partout de tous côtés. Il faisait acheter un bon cheval, quoi qu'il coûtât, ou une bonne mule; mais c'était en pays où il voulait qu'on le cuidàt sain; car ce n'était point en ce royaume. Des chiens, en envoyait quérir partout; en Espagne, des Allans et des petites levrettes ; en Bretagne, lévriers et épagneuls ; et les achetait cher; et en Valence, de petits chiens velus, qu'il faisait acheter plus cher que les gens ne les voulaient vendre. En Sicile envoyait quérir quelque mule, et spécialement à quelque officier du pays, et la payait au double. A Naples, des chevaux et bêtes étranges de tous côtés; comme en Barbarie, une espèce de petits lions qui ne sont point plus grands que petits renards, et les appelaient adits. Au pays de Danemark et de Suède envoya quérir de deux sortes de bêtes; les unes s'appelaient belles, et sont de corsage de cerfs, grandes comme buffles, les cornes courtes et grosses; les autres s'appellent rengiers, qui sont de corsage et couleur de daims, sauf qu'elles ont les cornes beaucoup plus grandes; car j'ai vu rengier porter cinquante-quatre cors pour avoir six cornes. De chacune de ces bêtes donna aux marchands quatre mille cinq cents florins d'Allemagne. Quand toutes ces choses lui étaient amenées, il n'en tenait compte; et la plupart des fois ne parlait point à ceux qui les amenaient ; et, en effet, il faisait tant de choses semblables, qu'il était plus craint, tant de ses voisins que de ses sujets, qu'il n'avait jamais été; car aussi c'était sa fin, et le faisait pour cette cause.

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