Avertis
es CHARLES VII
la plus grand*parlie de leurs chevaux. Et alors l'avant-garde des Français, qui étaient désirants et ardents en courage pour assenabler aux Anglais, parce que depuis peu de temps en ça les avaient assaillis et trouvés d'assez méchante défense, se férirent de plein élan dedans iceux Anglais, et d'un hardi courage et grand'volonté les envahirent si vigoureusement et tant soudainement, avant qu'ils pussent être en ordonnance, que mêmement messire Jean Fascot et le bâtard de Thien, chevaliers, avecque grand nombre de leurs gens, ne se mirent point à pied avecque les autres, ains se départirent en fuyant à plein cours pour sauver leurs vies.
Et entretemps, les autres, qui étaient descendus à pied, furent tantôt de toutes parts environnés et combattus par iceux Français, car ils n'eurent point loisir d'eux fortifier de poinçons aiguisés par la manière qu'ils avaient accoutumé de faire. Et pour tant, sans ce qu'ils fissent grand dommage aux Français, ils furent en assez bref terme et légèrement rués jus, déconfits et du tout vaincus. Et y eut morts dessus la place d'iceux Anglais environ dix-huit cents, et en y eut de prisonniers de cent à six vingts, desquels étaient les principaux, les seigneurs de Scalles, de Talbot, de Hongreffort, messire Thomas de Rampston et plusieurs autres des plus notables jusqu'au nombre dessus dit. Et de ceux qui y furent morts furent les principaux, et les autres étaient toutes gens de petit état et moyen, tels et si faits qu'ils ont accoutumé à amener de leur pays mourir en France. Après laquelle besogne, qui fut environ deux heures après midi, tous les capitaines français se rassemblèrent ensemble en regraciant dévotement et humblement leur créateur. Et menèrent grand'liesse les uns avec-
que les autres pour leur victoire et bonne fortune ; et se logèrent celle nuit en icelle ville de Patay, qui est à deux lieues prôs d'Anville, en Beauce; de laquelle ville cette journée porte le nom perdurablement. Et le lendemain, lesdits Français retournèrent atout leurs prisonniers et les richesses des Anglais, qui morts étaient dépouillés. Et ainsi entrèrent en la ville d'Orléans, et les autres de leurs gens es marches d'entour et à l'environ, où ils furent grandement reçus de tout le peuple français. Et par spécial Jeanne la Pucelle acquit en icelles besognes si grand'louange et renommée qu'il semblait à toutes gens que les ennemis du roi n'eussent plus puissance de résister contre elle et que bref, par son moyen, le roi dût être remis et établi du tout en son royaume. Si s'en alla avecque les autres princes et capitaines devers le roi, qui de leur retour fut moult réjoui et fit k tous très honorable réception.
Après laquelle, bref ensuivant fut prise par icelui roi avecque ceux de son conseil conclusion de mander par tous les pays de son obéissance le plus de gens de guerre qu'il pourrait finer, afin qu'il se pût bouter avant es marches et poursuivre ses epnemis.
A la journée de la bataille de Patay, avant que les Anglais sussent la venue de leurs ennemis, messire Jean Fascot, qui était un des principaux capitaines, et qui s'en était fui sans coup férir, s'assembla en conseil avecque les autres, et fit plusieurs remontrances, c'est à savoir comment ils savaient la perte de leurs gens que les Français avaient faite devant Orléans et Jargeau, et en aucuns autres lieux, pour lesquelles ils avaient du pire; et étaient leurs gens moult enorgueillis et résignés. Pour quoi il conseilla quMIs se retrahissent aux châteaux et lieux tenant
environ, et qu'ils ne combattissent point ; si en hâte, jusqu'à ce qu'ils fussent 5s, et aussi que leurs gens fussent venus que le régent devait envoyer brièvelles remontrances ne furent point bien icuns des capitaines, et par spécial à de Talbot, et dit que si ses ennemis l les combattrait. Et par spécial, comme 'enfuit de la bataille sans coup férir, se grandement lui fut reproché quand le duc de Bedfort »on seigneur; et, en fut ôté Tordre du blanc jarre tier*, qu'il la jambe. Mais, depuis, tant en partie } dessus dites remontrances qu'il avait mblaient assez raisonnables, comme ; autres excusances qu'il mit avant, lui ice de procès, rebaillée ladite ordre de à soit ce qu'il en sourdit grand débat celui Fascot et sire Jean de Talbot, itourné d'être prisonnier de la bataille cette besogne furent faits chevaliers, îs Français, Jacques de Milly, Gilles de Louis de Marconnay, Jean de La Haie allants hommes *.
la Jarretière.
lonça à ses bonnes villes la victoire de îoses vous écrivons pour vous réjouir et pareillement les notifier et faites savoir lise, nobles et aultres de notre pays de s exhortant des prières, processions et Dieu, afin qu'il lui plaise suspendre sa lever notre peuple de la misère et capment il a souffert, afin que nous le puis-
ET JEANNE d'aRC 71