‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 18 sur 129 · LES PRÉLIMINAIRES DV VOYAGE DE REIMS · texte numérisé non relu

LES PRÉLIMINAIRES DV VOYAGE DE REIMS

(juin et juillet 1429).

(Perceval de Cagny, Chronique des ducs d'Alençon, dans Quicherat, Procès de Jeanne d'ArCy t. IV, p. 16.)

Ce vendredi bon matin la Pucelie dit au duc d'Alençon : « Faites sonner trompettes et montez à cheval, il est temps d'aller devers le gentil roi Charles pour le mettre à son chemin de son sacre à Reims ». Ainsi fut fait. Tous montèrent à cheval en la ville et ceux des champs. Et celui jour furent au gîte devers le roi en la ville de Gien-sur-Loire. Le roi fit grande fête et grande joie de la venue de la Pucelie, du duc d'Alençou et de leur compagnie. Et ce jour fut moult parlé par tous les seigneurs, les chevaliers, les écuyers, les gens de guerre et toutes gens de quelque état qu'ils fussent qui tous tenaient à très grande merveille les grandes aventures de guerre qui le samedi d'avant étaient advenues par l'entreprise de la Pucelie à elle et à sa compagnie. Et je crois que ne vis nul qui ait vu la pareille telle que mettre en l'obéissance du Roi et en un jour trois notables places, c'est à savoir la ville et château de Meung-sur- Ldrey la ville et château de Beaugency et la ville et château de Janville en Beauce et gagné près du village de Patay une journée sur les Anglais.

Le roi fut audit lieu de Gien jusqu'au mercredi vingt-neuvième jour de juin. Et fut la Pucelie moult marrie du long séjour qu'il avait fait audit lieu par aucuns des gens de son hôtel qui lui déconseillaient

sions maintenir et gouverner en bonne paix , union, justice et tranquillité. »

CHARLES Vil

3rendre le chemin d'aller à Reims, disant qu'il plusieurs cités, autres villes fermées, châteaux js fortes bien garnies d'Anglais et Bourguiîntre ledit lieu de Gien et Reims. La Pucelle ju'elle le savait bien et que de tout cela ne ompte; et par dépit se délogea et alla loger imps deux jours avant le partement du roi. ibien que * le roi n'avait pas argent pour îr son armée, tous chevaliers, écuyers, gens de ît de commun ne refusaient point d'aller servir >our ce voyage en la compagnie de la Pucelle qu'ils iraient partout où elle voudrait aller.

disait : « Par mon Martin, je mènerai le oi Charles et sa compagnie sûrement et sera tidit lieu de Reims ».

jour, après plusieurs paroles, le roi se partit son chemin à aller droit à la cité de Troyes mpagne. Et en faisant son chemin toutes les )ses d'un côté et d'autres de sa voie se mirent

obéissance. Le Roi arriva devant ledit lieu '^es après le dîner, le vendredi huitième jour let. Et lui furent ceux de la garnison et les 3is de la ville désobéissants. Ce jour et le len-

y ont fait de grandes escarmouches, et le he dixième jour se mirent en l'obéissance du

après dîner fut très honorablement reçu eu allé et y séjourna jusqu'au mardi ensuivant, out où la Pucelle venait, elle disait à ceux des : « Rendez-vous au roi du ciel et au gentil tries. )) Et était toujours devant à venir" parler rrières.

lardi le roi partit dudit lieu de Troyes et le

oique.

ET JEANNE d'aRC 73

jeudi ensuivant fut moult honorablement reçu en la cité de Châlons. Et en faisant son chemin toutes les forteresses du pays se mirent en son obéissance, parce que la Pucelle envoyait toujours de ceux qui étaient sous son étendard dire par chacune des forteresses à ceux de dedans : « Rendez-vous au Roi du ciel et au gentil roi Charles ». Et ceux-ci, ayant connaissance des grandes merveilles advenues et faites à la présence de la Pucelle, se mettaient franchement en l'obéissance du roi. Et ceux qui refusaient, elle y allait en personne, et tous lui obéissaient. Aucune fois se tenait en la bataille * avec le roi en allant son chemin. Autre fois en Tavant-garde et autre en Tarrière-garde, ainsi qu'elle voyait convenir à son entente. Et le vendredi ensuivant se partit le roi dudit lien de Châlons.

En Tan mil quatre cent vingt-neuf, le samedi sixième jour dudit mois de juillet, après dîner, le roi arrriva en la ville de Reims, et furent à la rencontre de lui à sa venue Tarchevêque et tous les collèges de la ville, les bourgeois et autres bien grand nombre, tous faisant grande joie, en criant Noèl pour sa venue. Et tout celui jour et la nuit ensuivant par les officiers du roi et ceux de son conseil fut fait de très grande diligence pour chacun des offices en ce que il lui en appartenait pour le fait pour Tétat et sacre du couronnement du roi qui fut fait le lendemain.

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