Xaintrailles
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reçu. Et là pareiUement lui furent apportées les clefs de la yille de Rheims, en lui promettant, comme dessus, faire toute obéissance, et le recevoir comme leur souverain seigneur. En laquelle cité de Rheims oaguère avait été le seigneur de Saveuse^ de par le duc de Bourgogne, avec certain nombre de gens d'armes, pour icelle ville tenir en Tobéissance du roi Henri et du dessus dit duc de Bourgogne. Lequel seigneur de Saveuse venu à Rheims, par le gouverneur et grand nombre des habitants lui fut promis d'eux entretenir du parti et en la querelle du roi Henri, et aussi d'icelui duc jusqu'à la mort; mais, nonobstant ce, pour la crainte qu'ils avaient de la Pucelle, qui faisait de grandes merveilles, comme on leur donnait à entendre, se rendirent en Tobéissance du roi Charles, malgré ce que le seigneur de ChâtilloQ et le seigneur de Saveuse, qui étaient leurs capitaines, leur remontrassent et voulaient donner à entendre le contraire. Lesquels deux seigneurs, voyant leur volonté et affection, se départirent de ladite ville de Rheims. Car, en leurs remontrances, ceux de ladite ville de Rheims n'avaient en rien voulu entendre, mais leur avaient fait réponse dure et assez étrange.
Lesquelles paroles ouïes, îceux seigneurs de Saveuse et de Châtillon retournèrent au Château-Thierry. Si avaient dès lors iceux de Rheims pris conclusion l'un avec Tautre de recevoir le dessus dit roi Charles. Laquelle chose ils firent, comme dit est dessus, tant parle moyen de l'archevêque de Rheims, lequel était chancelier du roi Charles, comme par aucuns autres. Si entra le roi dedans la ville et cité de Rheims le Yendredi sixième jour de juillet, avecque très grand nombre de chevalerie, et puis fut, le dimanche eusui-
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vant, par ledit archevêque consacré et couronné à roi, dedans ladite ville et cité de Rheims, présents ses princes et prélats, et toute la baronnie et chevalerie qui là étaient.
Là étaient le duc d'Alençon, le comte de Clermont, le seigneur de La Trémouille, qui était son principal gouverneur, le seigneur de Beaumanoir, Breton, le seigneur de Mailly en Touraine, lesquels étaient en habits royaux, représentant les nobles pairs de France qui point n'étaient au fait et noble sacre du roi et aussi au noble couronnement dessus dit. Si avaient les dessus dits pairs absents évoqué et appelé, devant le grand autel, par le roi d'armes de France, ainsi et par la manière qu'il est accoutumé de faire.
Après lequel sacre fait et accompli, le roi alla dîner en l'hôtel épiscopal de Tarchevêque, les seigneurs et prélats en sa compagnie. Et se sit à sa table ledit archevêque de Rheims; et servirent le roi, à son dîner, lé duc d'Alençon et le comte de Clermont, avec plusieurs autres grands seigneurs. Et fît le roi, le jour de son sacre, trois chevaliers dedans l'église, desquels le damoiseau de Commercy en fut l'un. Et, à son département, laissa en la cité de Rheims pour capitaine Antoine de Hollande, neveu dudit archevêque. Et, le lendemain, se départit de ladite ville, et s'en alla en pèlerinage à Corbeny visiter saint Marcou. Auquel lieu lui vinrent faire obéissance ceux de la ville de Laon, si comme avaient fait lès autres bonnes villes et cités dessus dites. Duquel lieu de Corbeny ledit roi alla à Soissons et à Provins, qui sans contredit lui firent pleine ouverture ; et constitua lors La Hire nouvel bailli de Vermandois, au lieu de messire Collart de Mailly, qui par avant y était commis et institué de par Henri, roi d'Angleterre.
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Et après, s'en vint le roi et ses gens devant Château- Thierry, où étaient dedans le seigneur de ChâtiUon, Jean de Groy, Jean de Brimeu et aucuns autres nobles, grands seigneurs, de la partie du duc de Bourgogne; atout quatre cents combattants ou environ : lesquels, tant pource qu'ils sentaient la communauté incliner à faire obéissance au roi Charles, comme pource qu'ils n'attendaient mie bref secours, et n'étaient mie pourvus à leur plaisir, rendirent et restituèrent icelle forte ville et châtel en l'obéissance et subjection du roi Charles, et s'en partirent sauvement, et sans aucun empêchement, avec leurs biens. Si s'en allèrent à Paris devers le duc de Bedfort, qui lors faisait moult grand'assemblée de gens d'armes pour aller combattre le roi Charles et sa puissance.
Les historiens ont longtemps prétendu que Jeanne (TArc n'avait d'autre mission que de délivrer Orléans et de mener le roi à Reims ; qu'après le sacre sa mission était terminée, qu'elle voulut même se retirer et qu'elle ne resta que malgré l'ordre de ses voix et pour obéir au roi. Aujourd'hui on affirme au contraire que la mission de la Pucelle^ loin de se terminer à Reims, comprenait Veocpulsion totale des Anglais. Le plus récent historien de Charles VII, M. de Beaucourt, cherche à faire prévaloir une o']f>inion intermédiaire, La vérité, diaprés lui, est que « si la mission personnelle de Jeanne expirait au sacre de Reims, la Pucelle pouvait poursurore sa carrière militaire et travailler à cette expulsion totale des Anglais, annoncée par elle comme devant se réaliser tôt ou tard. Mais si ses voix la laissèrent Uhre de rester à l'armée, elles ne continuèrent point à l^assister comme lorsqu'il s'agissait de sa mission particulière. Les voix se taisent et Jeanne demeure livrée à
«es seules forces : souvent même elle subit Vinfluence des hommes de guerre que, jusqu'à Reims, elle avait guidés. »
§ 10. — LE DUC DE BEDFORD RASSEMBLE SES FORCES PRÈS DE PARIS POUR LIVRER BATAILLE A CHARLES VII. — SA LETTRE INSOLENTE A CE DERNIER (aOÛt 1429).
(Monstrelet, Chroniques, 1. II, ch. lxv.)
En ce même temps, le duc de Bedfort, régent, vint avec dix mille combattants ou environ, qu'il avait assemblés d'Angleterre, de Normandie et d'aucunes autres marches de France. Se tira de Rouen à Paris, et de là, par plusieurs journées, tendant rencontrer le roi Charles, pour à icelui livrer bataille. Si s'en alla, par le pays de Brie, à Montereau- Faut-Yonne, duquel lieu il envoya ses messagers et ambassadeurs devers le dessus dit roi, portant ses lettres scellées de son scel, desquelles la teneur s'ensuit :
« Nous, Jean de Lancastre, régent et gouverneur de France, et duc de Bedfort, savoir faisons à vous, Charles de Valois, qui vous soûliez nommer dauphin de Viennois, et maintenant, sans cesse, vous dites roi; pour ce que torcionnairement avez, de nouvel, entrepris contre la couronne et seigneurie de très haut et excellent prince, et très renommé mon souverain seigneur Henri, par la grâce de Dieu, vrai, naturel et droiturier roi des royaumes de France et d'Angleterre, par donnant à entendre au simple peuple que venez pour donner pa^x et sûreté, ce qui n'est pas, ni peut être, par les moyens qu'avez tenus et tenez, qui faites séduire et abuser le peuple ignorant, et vous aidez plus de gens superstitieux et ré-
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prouvés, comme d'une femme désordonnée et diffamée, étant en habit d'homme et gouvernement dissolu, et aussi d'un &ère mendiant, apostat et séditieux , comme nous sommes informés ; tous deux, selon la sainte écriture, abominables à Dieu ; qui, par force et puissance d'armes, avez. occupé, au pays de Champagne et autre part, aucunes cités, villes et châteaux appartenant à mondit seigneur le roi, et les sujets demeurent en icelles contraints et induits à déloyauté et parjurement, en leur faisant rompre et violer la paix finale des royaumes de France et d'Angleterre, solennellement jurée par les rois de France et d'Angleterre, qui lors vivaient, et les grands seigneurs, pairs, prélats, barons, et les trois États de ce royaume.
« Nous, pour garder et défendre le vrai droit de mondit seigneur le roi, et vous et votre puissance rebouter hors de ses pays et seigneuries, à Taide du ToutrPuissant, nous sommes mis sus, et tenons les champs en notre personne et en la puissance que Dieu nous a donnée; et comme bien avez su et savez, vous avons poursuivi et poursuivons de lieu en heu pour vous cuider trouver ou rencontrer, ce que n'avons encore pu faire, pour les avertissements qu'avez faits et faites pour nous, qui de tout notre cœur désirons l'abrègement de la guerre, vous sommons et requérons que si vous êtes tel prince qui querez honneur, ayez pitié et compassion du pauvre peuple chrétien, qui tant longuement à votre cause a été inhumainement traité et foulé et opprimé, et que brièvement soit hors de ses afflictions et douleurs, sans plus continuer la guerre. Prenez au pays de Brie, où nous et vous sommes bien prochains de vous et de nous, aucune place aux champs convenable
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et raisonnable, et jour brief et compétent, et tel que la prochaineté des Ijeux où nous et vous sommes pour le présent le peut souffrir et demander; auquel jour et place si comparoir y voulez en personne, avec le conduit de la diffamée femme et apostat dessus dit, et tous les parjures, et autre puissance telle que vous voudrez et pourrez avoir, nous, au plaisir de Notre-Seigneur, y comparerons, ou monseigneur le roi en notre personne. Et lors, si vous voulez aucune chose offrir ou mettre avant, regardant le bien de la paix, nous laisserons et ferons tout ce que bon prince catholique peut et doit faire, et toujours sommes enclins et volontaires à toute bonne paix non feinte, corrompue, dissimulée, violée ni parjurée, comme fut à Montereau-Faut-Yonne, celle dont, par votre coulpe et consentement, s'ensuivit le terrible, détestable et cruel meurtre commis, contre loi et honneur de chevalerie, en la personne de feu mon très cher et très amé père, le duc Jean de Bourgogne, h qui Dieu pardoint! Par le moyen de laquelle paix par vous enfreinte, violée et parjurée, sont demeurés et demeurent cent nobles et autres sujets de ce royaume et d'ailleurs quittes et exempts de vous et de votre seigneurie, à quelque état que vous ayez pu et pouvez venir; et de tous serments de loyauté, féauté et subjection, les avez absolus et acquittés, comme par vos lettres-patentes signées de votre main et de votre scel peut clairement apparoir.
« Toutefois, si, pour l'iniquité et malice des hommes, ne pouvait profiter au bien de la paix, chacun de nous pourra bien garder et défendre à Tépéesa cause et sa querelle, ainsi que Dieu, qui est le seul juge, et auquel, et nom à autre, mondit seigneur a à ré-
pondre, lui en donDera la grâce, et auquel nous supplions humblement, comme à celui qui sait et qui connaît le vrai droit et légitime querelle de mondit seigneur, que disposer en veuille à son plaisir; et par ainsi le peuple de ce royaume, sans tel roulement et oppression, pourra demeurer en longue paix et sur le repos, que tous rois et princes chrétiens qui ont gouvernement doivent requérir et demander. Si nous faites savoir hâtivement, et sans plus délayer ni passer temps par écritures ni arguments, ce que faire ne voudrez ; car si, par votre défaut, plus grands maux, inconvénients, continuations de guerre, pilleries et rançonnements de gens et occisions, et dépopulations de pays adviennent, nous prenons Dieu en témoin, et protestons devant lui et les hommes que n'en serons point en cause, et que nous avons fait et faisons notre devoir, et nous mettons et Toolons mettre en tous termes de raison et honneur, soit préalablement par moyen de paix, soit par journée de bataille de droit de prince, quand autrement entre puissantes et grandes parties ne se peuvent faire. En témoin de ce, nous avons fait sceller ces présentes de noire scel.
« Donné audit lieu de Montereau-Faut-Yonne, le septième jour d'août Tan de grâce mil quatre cent vingt-neuf.
« Ainsi signé par monseigneur le régent du royaume de FVance et duc de Bedfort. »
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§ 11. — LE ROI ET LE DUC DE BEDFORD SONT PRÈS D*EN VENIR AUX MAINS ENTRE LAGNY ET SENLIS (aOÛt 1429).
(Monslrelet, Chroniques, 1. II, ch. lxvi.)
Après les besognes dessus dites, le duc de Bedfort, voyant qu'il ne pouvait rencontrer le .roi Charles et sa puissance à son avantage, et que plusieurs villes et forteresses se rendirent à lui sans coup férir ni faire quelque résistance, il se retira à toute sa puissance sur les marches de FIle-de-France, afin d'obvier que les principales villes ne se tournassent contre lui, comme avaient fait les autres. Et d'autre part le roi Charles, qui jà était venu à Crespy, où il avait été reçu et obéi comme souverain seigneur^ se retrahit avec sa puissance parmi le pays de Brie, en approchant Senlis, auquel lieu les deux puissances dessus dites, c'est à savoir du roi Charles et du duc de Bedfort, trouvèrent l'un l'autre, assez près du Mont-Dallès, une ville nommée le Bar. Si firent de chacune partie grandes préparations, afin de trouver avantage pour combattre l'un l'autre; et prit le duc de Bedfort sa place en assez fort lieu; et adossèrent aucuns lieux, par derrière et de côté, de fortes haies d'épines; et au front devant étaient mis les archers en ordonnance tous à pied, ayant chacun devant lui poinçons aiguisés fichés devant eux; et ledit régent avec sa compagnie et autres nobles, assez près desdits archers en une seule bataille, où il y avait, entre autres seigneurs, deux bannières, l'une de France et l'autre d'Angleterre; et si était avecque icelle l'étendard de saint George : laquelle bannière portait pour ce jour Jean de Villiers, chevalier, seigneur de l'Ile-Adam.
Et étaient lors avecque ledit duc de six à huit cents combattants des gens du duc de Bourgogne, desquels les principaux étaient : le seigneur de l'Ile- Âdam, Jean de Croy, Jean de Créquy, Antoine de Béthane, Jean de Fosseux, lé seigneur de Saveuse, rnessire Hue de Launoy, Jean de Brimeu, Jean de Laanoy> rnessire Simon de Lalain, Jean, bâtard de Saint-Pol, et plusieurs autres hommes de guerre, desquels les aucuns furent faits nouveaux chevaliers ; et le fut fait ledit bâtard de la main du duc de Bed^ fort, et les autres, comme Jean de Créquy, Jean de Croy, Antoine de Béthune, Jean de Fosseux, le Liégeois de Humières, par les mains d'aucuns autres chevaliers. Après lesquelles besognes ainsi mises et conduites, les Anglais et ceux de leur nation tous ensemble étaient d'un côté de ladite bataille de la main sénestre, et les Picards et autres de la nation de France étaient de l'autre côté. Et se tinrent en bataille, comme dit est, par très long espace; et étaient mis si avantageusement que leurs dits ennemis et adversaires ne les pouvaient envahir et assaillir par derrière, sinon à très grand dommage et danger ; et avecque ce étaient pourvus et rafraîchis de vivres et autres nécessités de la bonne ville de Senlis, dont ils étaient assez près. Et puis, d'autre part, le roi Charles, avec ses princes et capitaines, fit ordonner en son avant-garde la plus grand'partie des plus vaillants et plus experts hommes de guerre de sa compagnie ; et les autres demeurèrent, excepté aucuns qui furent commis sur le derrière au lez devers Paris, par manière d'arrière-garde. Et si avait avec ce le roi très grande multitude de gens d'armes, trop plus sans comparaison qu'il n'y en avait en la compagnie des dessus dits Anglais. Et
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puis si y était Jeanne la Pucelle, toujours ayant de diverses opinions, une fois voulant combattre ses ennemis, et autres fois non; mais néanmoins toutes les deux parties, comme dit est dessus, étant Tune devant Tautre, furent ainsi, sans eux désordonner et tout prêts de combattre, par l'espace de deux jours et deux nuits environ. Durant lequel temps y eut plusieurs grands escarmouches et assauts, lesquelles raconter chacune à part soi serait trop longue chose; mais entre les autres y en eut une qui fut moult dure et âpre et ensanglantée au côté vers les Picards, laquelle dura bien l'espace d'une heure et demie. Si étaient au côté du roi Charles grand parti de Français et autres gens en très grand nombre, qui très fort et âprement se combattaient ; et par spécial les archers d'icelle partie tirèrent de leur trait moult courageusement et en très grand nombre l'un contre l'autre.
Si cuidaient aucuns des plus sachants desdites parties, voyant la besogne ainsi multiplier et croître, que point ne se dussent partir l'un de l'autre que Tune des parties ne fût déconfite et vaincue et mise à néant. Toutefois ils se trahirent derrière les uns des autres, mais ce ne fut mie qu'il n'y eût de chacune partie des morts et blessés largement. Pour laquelle escarmouche et bataille dessus dite, ledit duc de Bedfort fut moult grandement content des Picards, pource qu'à celle fois s'étaient portés moult vaillamment.
Et après qu'ils se furent retraits, vint ledit duc de Bedfort au long de leur bataille les remercier en plusieurs lieux très humblement, disant : « Mes amis, vous êtes très bonnes gens et avez soutenu grand faix pour nous , dont nous vous mercions très gran-
dément, et vous prions, s'il vous vient aucuns affaires, que vous persévériez en votre vailiantise et hardiment. » Esquels jours, en icelie partie, étaient en moult grand'haine les uns contre les autres; et n'était homme, de quelque état qu'il fût, pris à finances S mais mettaient tout à mort sans pitié ni miséricorde ce qu'ils pouvaient atteindre l'un de l'autre; et comme je fus informé, à toules ces escarmouches, eut de morts environ trois cents hommes des deux parties, mais ne sais de quel côté en a le plus. En la fin desquels deux jours dessus dits ou environ,, les deux parties se délogèrent les uns devant les autres sans plus rien faire.
§ 12. — TENTATHE DE LA PUCELLE CONTRE PARIS (8 Septembre 1429). — ELLE EST BLESSÉE ET SE RETIRE.
(Monstrelet, Chroniques, 1. II, ch. lxx.)
Le roi Charles de France, lui étant à Compiègne, lui furent apportées nouvelles que le duc de Bedfort, régent, avec sa puissance s'en allait en Normandie pour combattre le connétable , lequel était vers Évreux et travaillait fort le pays. Et pour tant icelui roi Charles, après qu'il eut été dedans la ville de Compiègne douze jours ou environ, il se partit de là et laissa Guillaume de Flavy capitaine d'icelle; et avec son ost s'en alla à Senlis, laquelle cité se rendit au roi par traité. Si se logea dedans avec grand'partie de ses gens, et autres se logèrent es villages environ. Esquels jours aussi firent obéissance au roi dessus dit plusieurs villes et forteresses,