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aux montres assez souvent, afin qu'ils s'entretinssent comme i! appartenait, sans vendre ni perdre leurs chevaàx et harnais ; et, quand il défaillait quelqu'un d'eux par mort ou autrement, aussitôt un autre était mis et substitué en son lieu. Même il y en avait plusieurs qui, à leurs dépens, suivaient assez longuement les capitaines, sur l'espérance de parvenir à leur rang et d'y être enrôlés, quand le cas adviendrait; et encore leur fallait-il souvent rechercher^ par grands moyens et notables recommandations, d'y être admis. Que s'il advenait qu'il survint au roi aucunes affaires, en quelque lieu que ce fût de son royaume, il envoyait tout aussitôt aucuns de ses messagers devers lesdits capitaines, ou aucuns d'iceux ; et incontinent, sans aucun délai, en peu de jours ils tiraient et se rendaient devers lui, ou es lieux où il les voulait : par ainsi, se trouvait-il pourvu de bon nombre de combattants, et bien en point, assez soudainement, avec l'aide de ses princes, de sa chevalerie et dé sa noblesse.
Enfin, tout ce que dessus est dit étant parfait et accompli en la manière dessus déclarée, et après que toutes sortes de gens de guerre se furent retirés et mis en bon ordre et conduite, comme dit est, les marches et pays du royaume en devinrent plus sûrs et mieux en paix, dès dedans deux mois ensuivans^ qu'ils n'avaient été trente ans auparavant. Si sembla à plusieurs marchands , laboureurs et populaires, qui de longtemps avaient été en grandes tribulations et excessives afflictions, par le jnoyeh des guerres, que Dieu, notre créateur, principalement les eût pourvus et remplis de sa grâce et miséricorde. Et adonc de plusieurs parties du royaume commencèrent les marchands de divers lieux à tra-
verser de pays à autre et à exercer leurs marchandises et faire leur négoce et commerce. Pareillement les laboureurs et autres gens du plat pays, qui avaient été de longtemps en grande désolation, s'efforçaient de tout leur pouvoir à labourer et réédifier leurs maisons, édifices et habitations; et avec cela , à défricher et dessarter * leurs terres, vignes et jardinages, très diligemment; et tant en cela bontînuèrént, avec l'aide des seigneurs, gentilshommes et gens d'Eglise, sous lesquels ils avaient le leur, que, pour le comprendre en peu de mots, plusieurs villes et pays, qui longtemps auparavant avaient été comme non habités, furent remis sus et repeuplés assez abondamment; et nonobstant qu'iceux eussent grande peine et endurassent beaucoup de travail en ce faisant, si se tenaient-ils pour bien heureux quand Dieu leur faisait cette grâce qu'ils demeuraient paisibles en leurs lieux, ce que faire n'avaient pu la plus grande partie de leur vie.
§ 5. — LA RÉFORME MniTAIRE DE 1439, d'APBÈS UN POÈTE CONTEMPORAIN.
(Martial d'Auvergne, les Vigilles de Charles VII, 1439.)
L'an mil quatre cent trente-neuf Le feu roi si fît les gens d'armes Vêtir et habiller de neuf.
Car lors étaient en pauvres termes.
Les uns avaient habits usés Allant par pièces et lambeaux ; Et les autres tout déchirés Ayant bon besoin de nouveau.