‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 51 sur 129 · Chez les Sarrasins · texte numérisé non relu

Chez les Sarrasins

qu'il avait en France, ce qu'on estimait valoir un million d'or, c'est-à-dire dix cent mille écus, avait été mis en la main du roi, de sorte qu'il n'en avait rien;. cependant. il était encore riche pour les grosses marchandises qu'il avait hors du royaume.

10. — AUTRE RÉCrr SUR JACQUES COEUR. ~ SON PROCÈS ET SA CONDAMNATION (1454).

(Mathieu de Coucy, Chroniques, eh. cm,)

Le roi Charles avait en son royaume un homme de petite génération, qui se nommait Jacques Cœur, lequel, par son sens, vaillance et bonne conduite, se façonna tellement, qu'il entreprit plusieurs grosses marchandises, et si fut ordonné être argentier du roi Charles ; dans lequel office il s'entretint long espace de temps en ^and règne et prospérité. Il avait plusieurs clercs et facteurs sous lui, qui se mêlaient desdites marchandises, par tous les pays et royaumes chrétiens, et même jusques en Sarrasinerie. Sur la mer il avait à ses dépens plusieurs grands vaisseaux, qui allaient en Barbarie et jusqqes en Babylone, quérir toutes marchandises, par la licence du Soudan et des Turcs infidèles; aussi, en leur payant treuage ', il faisait venir desdits pays des draps d'or et de soie, de toutes façons et de toutes couleurs ; plus des fourrures, servant tant à hommes qu'à femmes, de diverses manières, tant martres, genettes et autres choses étranges, de quoi on n'eût su fîner pour or ni pour argent es marches de par deçà. Il faisait en outre vendre, par ses facteurs, tant à l'hôtel du roi comme

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