‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 6 sur 129 · CHARLES VU ET JEAWNE D*ARC · texte numérisé non relu

CHARLES VU ET JEAWNE D*ARC

les chevaux et les méchants gens non puissants de combattre.

Lesquels chevaux furent par lesdits archers liés tous ensemble par les bâtons et par les queues en plusieurs lieux les uns aux autres, afin que leurs ennemis de pied et de cheval ne les pussent surprendre. Et pour lesdits chevaux et bagages garder furent commis de par le duc de Bedfort deux mille archers, afin que ladite bataille ne pût par derrière être envahie. Et adonc, de chacune partie furent faits chevaliers nouveaux en très grand nombre, et après lesquels et toutes les ordonnances dessus dites faites en icelui jeudi sixième jour d'août, environ trois heures après none, s'assemblèrent ces puissantes batailles Tune contre l'autre. Et à l'approcher élevèrent les Anglais tous ensemble un grand cri, comme ils ont accoutumé de faire, duquel s'émerveillèrent moult les Français. Laquelle bataille ainsi assemblée dura environ trois parts d'une heure moult terrible, cruelle et sanglante ; et n'est point mémoire qu'oncques fût vu deux parties avec si grand'puissance par si grand espace sans voir lequel aurait victoire. En ce faisant, les Français qui avaient été ordonnés à cheval pour férir sur les Anglais par derrière vinrent jusqu'aux chevaux liés ensemble dont dessus est faite mention, lesquels ils ne purent transpercer ni passer outre, pour la résistance que y mirent les deux mille archers dessus dits. Pour tant iceux Français à cheval, avec aucunes bagues ^ et chevaux qu'ils emmenèrent, se mirent à fuir, et laissèrent tous les autres gens combattant de pied en ce danger.

Et adonc ces deux mille archers anglais, eux

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