‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 80 sur 129 · Revèlu des habits sacerdotaux · texte numérisé non relu

Revèlu des habits sacerdotaux

le lendemain à la graiid'messe plus amplement ce que je demandais. Et aussi en devisant des autres, je vis certaines places et blasons dont nul ne prenait les places; c'étaient les places et les lieux des chevaliers qui , à cause de leurs grandes affaires , s'étaient excusés par leur procureur et n'avaient pu, pour cette fois, venir à la journée ni à cette fête. Et à l'endroit et par-dessus la place du roi d'Aragon il y avait un riche ciel de drap d'or, comme s'il y eût été en personne : et était sa place au-dessus de celle du duc d'Orléans et au même rang. Et fut la place du duc de Bourgogne au maître et principal siège qui fut le drap d'or, et au demeurant n'était en rien distingué de ses frères et compagnons, sinon que le tableau de ses armes était un peu plus grand et plus large que les autres.

Les chevaliers, chacun à sa place, commencèrent vêpres, qui furent chantées par les chantres de la chapelle du duc, laquelle fut une des meilleures chapelles, des mieux accordées et en plus grand nombre de chapelains que l'on sût nuUe part. Vêpres dites et achevées, les chevaliers s'en retournèrent comme ils étaient venus : et le lendemain qui fut par un mercredi entre neuf et dix heures, retournèrent les chevaliers à la grand'messe, gardant chacun sa règle et son ordre; et là je ne vis rien de nouveau jusqu'à l'offrande. Quand le prêtre qui célébrait la messe (qui fut l'évêque de Tournay) fut retourné de l'autel devers les chevaliers, les officiers d'armes vêtus de leurs cottes d'armes, au lieu de clercs de chapelle, portèrent un carreau de drap d'or. Et devant l'autel il y avait un râtelier contenant autant de cierges qu'il y avait de chevaliers portant Tordre de la Toison d'or présents et absents et trépassés depuis la tenue de la dernière fête. Le roi

d'armes de la Toison d'or s'agenouillant par trois fois vint devant le duc et dit : « Monsieur le duc de Bourgogne, de Lorraine, de Brabant, de Limbourg et de Luxembourg, comte de Flandre, d'Artois et de Bourgogne, palatin de Hollande, de Zélande et de Namur, marquis du saint-empire, seigneur de Frise, de Salins et de Malines, chef et fondateur du noble ordre de la Toison d'or, allez à l'offrande. »

Et le duc partit hors de son siège et le roi d'armes en baisant et s'agenouillant lui bailla son cierge allumé. Et au passage, le duc se retourna devers le duc d'Orléans en lui portant grand honneur et révérence. Mais le noble duc d'Orléans ne lui fit point l'honneur de son degré comme la tierce personne du royaume de France, mais comme frère et chevalier de la Toison d'or. Et firent tous les autres chevaliers moult grand honneur au duc. Le duc étant revenu de l'offrande, le poursuivant d'armes prit le cierge du roi d'Aragon, et en le baisant et ^'inclinant, le bailla au roi d'armes; et le roi d'armes dit : « Très haut et très puissant prince le roi d'Aragon, tenez. »

§ 2. — LA COUR DE BOURGOGNE. — l'aRMÉE. DUCALE.

(Olivier de la Marche, Instruction.)

Or j'ai devisé de l'état et de l'ordre de la maison du duc Charles de Bourgogne, et est besoin que je devise de l'état de sa guerre, du nombre de ses gens d'armes, et comment ils sont conduits, exercités et gouvernés, et aussi comment les conducteurs et chefs d'escadre (escadron) sont faits et créés.

Le duc a deux mille deux cents hommes d'armes en ses ordonnances, compté chacun homme d'armes à tels gages qu'a coutillier armé ; et dessous chacun

i d'armes y a trois archers à cheval ; et iance pour chacun homme d'armes y a trois îs de pied armés, arbalétriers, couleuvriniers lenaires : ainsi font huit combattants pour ice; mais les gens de pied ne sont pas goupar les gens de cheval.

)ur gouverner icelle compagnie, qui monte à t mille combattants, à prendre les conducieutenants et. autres archers, qui sont outre e, huit combattants pour lance, et sont iceux ît comptés tous les jours à la soldée du prince main du trésorier des guerres. Je montrerai, conduite de cent lances, comment se gout tous les autres, et semblablement ceux de n chacune cent lances y a un conducteur sous )ond icelle compagnie; et se nomme conducource que le duc veut être seul capitaine de îs, à en faire et ordonner son bon plaisir. Et mtresuîvre ce propos, nous parlerons de la et manière comment le duc crée les conducpuis après de leur conduite ; et m'en abrégerai j que je pourrai, pource que le duc Charles, ses ordonnances mis sus à labeur si notableen sa personne, et fait mettre par écrit, les lances de sa guerre si bien et si notablement, 3us mystères éclairci en telle forme et maque mon écriture ne me semblerait que temps et lesquelles ordonnances sont portées en erre, et si besoin est sont recouvrables par toutes et quantes fois que besoin sera : par j m'en passe pour abréger, et parferai ce que

uc renouvelle tous les ans les conducteurs de ionnances, comme il est écrit en sesdites ordon- ; et contre le temps que sesdits conducteurs

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se doivent renouveler, iceux conducteurs viennent ou envoient devers le duc, selon leurs affaires, et selon la charge qu'ils ont; et en icelui temps ceux qui désirent d'avoir charge de conducteur pour l'année advenir se tirent devers les secrétaires qui sont ordonnés pour la guerre, et ils enregistrent et met^nt en mémoire; et en temps ordonné ils apportent icelles mémoires au duc, qui les retient par devers lui par certains jours et à son bon plaisir. Et selon les recommandations des mérites d'un chacun, il pointie ceux à qui il veut donner la charge de conducteur, et à la fois de ceux qui Tétaient paravant, et à la fois non, et les fois par noms de compagnie, dont Tune s'appelle la première compagnie, l'autre la seconde, et ainsi jusques à la vingtdeuxième; et par ce moyen savent les conducteurs en quelle compagnie ils doivent aller quand ils ont le don. Et au jour ordonné, il mande par un huissier d'armes les conducteurs qu'il a choisis, et les fait venir en une salle en laquelle le duc sied en chaise parée, comme à prince appartient; et là sont les seigneurs du sang, le conseil et les nobles de la maison; et sont là présents ceux qui paravant ont été conducteurs. Et le duc par son chambellan fait dire la cause pourquoi il se contente des conducteurs passés; et si grandes causes survenaient de parler à aucun particulièrement, le duc ferait dire publiquement, pour rendre à chacun mérite selon sa desserte. Et n'ai point vu que le duc n'ait déchargé les conducteurs de leurs charges, à leur très grand honneur et recommandation. Et après iceux être déchargés, le duc fait parler à ceux qu'il a choisis pour l'année, et leur fait lire les ordonnances qu'il faut àjà conduite de la guerre : et après la lecture d'icelle, il fait appeler devant lui chacun conducteur particulièrement

l'un après l'autre, et publiquement baille à un chacun deux ckoses : premièrement le livre de ses ordonnances richement fait et écrit, et couvert de velours, eii moult honnête volume, scellé du grand sceau en cire verte, et en lacs de soie ; et en lui baillant, parlant le duc par sa bouche, il dit : u Vous, tel, je vous fais conducteur pour l'année de -telle compagnie de cent lances de mes gens d'armes. Et afin que vous sachez, entendez et ne puissiez ignorer comme j'entends le fait de* mes gens d'armes, et de la guerre être conduite et gouvernée, je vous baille les ordonnances que j'ai sur ce faites et ordonnées, et vous commande de les étroitement tenir et garder, selon le contenu en icelles. » Et puis prend le duc un bâton qu'on appelle bâton de capitaine, et est icelui bâton couvert de bleu entortillé de blanche soie, qui sont les couleurs du prince, et baille le bâton au conducteur, et lui dit : « Afin que vous soyez obéi, et plus puissant sur ceux dont vous avez par moi charge, et que vous puissiez entretenir et faire entretenir mes ordonnances et faire mes commandements, je vous baille le bâton pour avoir la main forte sur vos gens, et vous donne en effet de les gouverner et punir par telle autorité que moi-même. » Et sur ce reçoit le conducteur le serment de faire et entretenir les ordonnances du prince, et selon le contenu d'iceiles ; et ainsi l'un après l'autre crée le duc de Bourgogne ses conducteurs, et sont tenus de renvoyer icelles ordonnances et le bâton à la fin de l'année pour les bailler à celui à qui il plaira au duc d'y ordonner; et se tire chacun en la compagnie à lui ordonnée.

En chacujie compagnie de cent lances y a quatre chefs d'escadre, dont l'un est ordonné par le duc, et y met communément un des écuyers de son hôtel;

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et n'ai guère vu que le conducteur ne fasse d'icelui son lieutenant, combien qu'il le peut faire d'un autre s'il lui plaît; et au regard des autres chefs d'escadre^ le conducteur les peut choisir à son bon plaisir. Et sous chacun chef d'escadre y a quatre chefs de chambre, lesquels chefs de chambre le chef d'escadre peut nommer et choisir, sans ceux de son escadre, à son bon plaisir. Sous chacun chef de chambre a cinq hommes d'armes, qui sont en chacune des chambres, à prendre le chef de chambre et les hommes d'armes; sous lui sont six hommes d'armes. Ainsi sont vingt-quatre hommes d'armes, et le chef d'escadre ; et ainsi par quatre chefs d'escadre trouverons cent lances sous le conducteur : chacun homme d'armes a sous lui trois archers à cheval, ainsi sont trois cents archers en chacune compagnie; et chevauchent chacun cent lances en huit escadres, c'est à savoir les archers en quatre escadres, et en chacune escadre d'archers septante-cinq archers; et sont conduits iceux archers par un homme d'armes principal en chacune escadre, au regard et à la devise du chef d'icelle escadre ; et chevauche le guidon des archers au front devant la première escadre, et pareillement l'étendard des hommes d'armes au front de la première escadre des hommes d'armes.

Or nous faut deviser de l'état des gens de pied, lesquels sont conduits par un chevalier chef de toutes gens de pied, et sous qui répondent tous les chefs d'iceux gens de pied. Sur chacune compagnie de trois cents piétons a un capitaine, homme d'armes à cheval, et porte-enseigne et guidon; et sur chacun cent hommes a un centenier homme d'armes à cheval, qui porte autre plus courte enseigne, et répondent iceux centeniers aux capitaines dessus nommés ; et outre plus, en chacun trente et un hommes, l'un est

trentenier, à qui répondent tous les autres; et marchent par compagnies, et par ordre de capitaine de centeniers et de trenteniers, et communément sont — A^r, '1 3 l'artillerie et du charroi. Et pour les raisons îles, je me passerai à deviser des ordonur ce faites ; et combien que j'ai mis en écrit ^e des hommes d'armes, archers à cheval et pied des ordonnances de monsieur de Bourt que j'aie devisé les gens d'armes, et qu'ils ours prêts et armés les uns comme les autres, trouvez en nombre plus de vingt mille mts, toutefois n'est encore tout le nombre de d'armes comptés, journellement prêts et en ir de nommer outre et pardessus le nombre t, il a fourni sa maison de douze escadres 5 d'Angleterre, lesquelles douze escadres sont s par douze hommes d'armes anglais, par la qui s'ensuit.

èrement, le duc a ordonné un écuyer pour 1 quarante archers pour l'escadre de la ! ; et est à entendre deux archers pour chacun le sa chambre, qui sont vingt hommes d'arprendre l'écuyer et les quatre sommeliers, dit est. La seconde escadre est de qualre- )mmes, pour les quarante archers toujours , et les départir en la manière dessusdite. Ltre autres escadres, chacune de cent archers, quatre états des écuyers; pour chacun état, cinquante hommes, deux archers; et pour irchers pour chacune escadre. Item, et pour ment de la garde, sont ordonnés quatre de quarante archers pour chacune escadre, illement est à entendre deux archers pour homme d'armes, et sont trente hommes en chacune escadre. Et puisque nous avons

devisé des gens d'armes ordinaires, il faut deviser de l'artillerie, laquelle est une merveilleuse dépense, et grandR

L'artillerie se conduit sous un chevalier qui se nomme maître de Tartillerie, lequel a telle autorité qu'il doit être obéi en son état comme le prince ; il a sous lui le receveur qui paye les officiers, et les poudres, les canons, les forges et les pionniers, les charretons, et tous les ouvrages qui se font à cause de l'artillerie; et certes la dépense qui passe par ses mains monte par an plus de soixante mille livres ; et devez savoir que, en la plupart des armes du duc il mène avec lui, pour le fait de Tartillerie seulement, plus de deux mille chariots, les meilleurs et plus puissants que l'on peut trouver en Flandre et en Brabant ; et certes le duc peut avoir trois cents bouches de l'artillerie, dont il se peut aider en bataille, sans les hacquebuttes et couleuvrines dont il en a sans nombre. En l'artillerie est le contrôleur, qui tient par ordre et par écrit le contrôle de toute la dépense faite et payée de toute la provision de FartiÛerie, comme d'arcs, flèches, arbalètes, de trait, de bâton à main, de cordes, et toutes autres choses nécessaires appartenant à icelui état; là est le maître des œuvres, charpentiers, maréchaux, forgeurs, et toutes manières de gens. Et quand le duc est devant une ville, il faut asseoir les bombardes : il convient pour chacune bombarde un gentilhomme de son hôtel pour la conduite d'icelle bombarde, et la suite, qui est es mains du bombardier. Et est l'artillerie étoffée et garnie de toutes choses : tellement que le duc ne se soucie point à passer rivières de mille pieds en peu de temps, si besoin est ; et est puissant et fort pour passer la plus grande bombarde du monde.

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Le maître de l'artillerie a prévôt en son artillerie, lequel a juridiction et autorité de justice sur ceux de Fartillerie, et en peut faire justice criminelle ou civile, telle qu'il lui plaît. Et n'est pas à oublier le fait des tentes et pavillons, qui est une somptueuse chose, et se conduit par un gentilhomme qui a la charge d'icelui état, et même aux dépens du prince plus de quatre cents chariots puissamment attelés; et se comptent iceux chariots sous la dépense de Fartillerie. Et certainement le duc délivre pour sa compagnie bien mille tentes et mille pavillons, à prendre pour ambassadeurs et étrangers, pour la maison du duc, pour ses serviteurs et ses gens d'armes. Et à chacun voyage, le maître des tentes a nouvelles tentes et nouveaux pavillons aux dépens du prince; et monte icelle dépense, à prendre toile et ouvrage seulement, plus de trente mille francs.

§ 3. — LA COUR DE BOURGOGNE. — ORGANISATION DE l'hôtel ducal.

(Olivier de la Marche, Instruction.)

Le duc a un premier chambellan, comme déjà il

est écrit ci-dessus, sous lequel sont et répondent tous

les chambellans chevaliers dont ci-dessus est écrit, et

peuvent en toutes causes du bureau avoir leur renvoi

devant ledit chambellan. 11 a la clef de la chambre

du prince; il a le sceau du secret en garde devant

tous autres ; son droit est de porter la bannière en

bataille des fiefs et hommages des nobles faits au

T^T^iT^r^n* îi fimf nrendre le serment; il a la première

I prince, et a plat et service comme

t être ol3éi en ses commandements

ant du prince.

ET LA MAISON DE BOURGOGNE i53

Le duc a un grand maître d'hôtel qui peut en tous conseils, tant de la justice comme de la guerre; et se doivent adresser à lui réceptions de princes et d'ambassades; il peut

servir aux quatre fêtes de l'an, et ^

quand le prince tient état solennel. ?

Et doit aller devant la viande du ^

prince, le bâton levé en contre- ►S

mont; mais il ne doit point faire -o

les essais en la cuisine, mais les S

doit faire le premier maître d'hôtel, ^

ou l'un des autres maîtres d'hôtel ^

en son absence. Et la viande assise o

devant le prince, le grand maître §>

d'hôtel a toutes les couvertures de o

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tous les mets dont le prince est «

servi , tant de la première fois Z

comme de la seconde, et de tout le s

service qui est à icelui dîner. Et *

pour donner mieux à entendre, ces i

choses sont le droit d'un grand "S

maître d'hôtel en Bourgogne ; mais -g

je ne veux pas juger qu'il eût cette |

autorité es pays et seigneuries que ^

tient le duc, si ce n'était que sa re- "|

tenue fût générale, donnée parle •*

prince en droits et prééminence, 3

tels qu'il les peut avoir en Bour- |

gogne. 3

Le duc a un premier maître d'hôtel, qui a chambre et plat en l'hôtel du prince, comme le premier chambellan : et au surplus a quatre autres maîtres d'hôtel ,

lesquels avec le premier ont le regard à la police de la maison du prince, à l'union des nobles hommes et autres seigneurs domestiques. Ils conduisent les cérémonies et ordre de l'hôtel, ils ont le regard à la dépense du prince, ils tiennent le bureau une fois le jour, pour compter la dépense du jour précédent, et pour faire justice à chacun; deux huissiers de salle sont les sergents du bureau, qui ajournent les parties aux requêtes d'autres parties; et dedans trois jours fait-on justice à chacun par justice suprême, et du bureau nul ne peut plus appeler. A ce bureau seyent les maîtres d'hôtel, le maître de la chambre aux deniers, le contrôleur et deux clercs d'office, et nuls autres, quels qui soient. Le maître de la chambre aux deniers voit la dépense dont il faut qu'il fasse payement, et par jour monte plus de huit cents livres, compris gages et dépens de bouche, qui se payent seulement par ses mains. Le contrôleur voit si la dépense est bien employée, et en avertit les maîtres d'hôtel, et voit si les clercs d'office ont bien recueilli la dépensé du jour précédent. Les clercs d'office rapportent au bureau les parties dépensées en chacun office, et les écrivent par parties et par office, en un rôle de parchemin, pour chacun jour; et les maîtres d'hôtel, le maître de la chambre aux deniers, le contrôleur jettent et calculent icelles parties, et sur ce sont mises les sommes ; et pour ce fait-on tous les ans pour un chacun d'eux pour un marc de jets (jetons) d'argent aux armes et devises du prince ; et pareillement font tous les jours un rôle de tous les noms et surnoms de ceux qui sont comptés par les écrous, grands et petits, de quelque état qu'ils soient. Et à la fin des noms d'un chacun est écrite la somme de combien en sont comptés par jour, et de ce comptent et rayent les maîtres d'hôtel à leur discrétion, et

selon les ordonnances du prince. Et lesdites sommes de dépense et de gages calculées et jetées se mettent tout en une somme du jour, et sont toutes les parties particulières d'office en office, ensemble les sommes des gages, et puis les deux parties ensemble par une somme du jour mises et écrites en un feuillet pour chacun jour au papier du contrôleur; et fait-on tous les ans pour chacune année un contrôle, oùily a autant

Jeton de la chambre des comptes de Bourgogne,

de feuillets qu'il y a de jours en Fan, et non plus; et ne peut-on écrire en icelui contrôle que en la présence des maîtres d'hôtel ; et à la fin de l'an se porte à la chambre des comptes, et sert pour voir si les rôles journellement au maître de la chambre aux deniers se rapportent à icelui contrôle. Les clercs d'office écrivent toutes les autres lettres et appointements faits au bureau, et tous les jours vont en chacun office recueillir les parties de leur dépense, pour en rendre compte comme il est écrit ci-dessus.

Le duc a quatre sommeliers pour sa chambre, dont le premier sommelier a cour, chambre et plat, comme les maîtres d'hôtel, el mangent les autres sommeliers avec lui. Et ont iceux sommeliers les clefs de sa chambre, et peuvent à toutes heures devers le prince.

LOUIS Xi

î, a le duc pour sa chambre seize écuyers, qui ;ens de grande maison, et servent iceux écuyers mipagner le prince où qu'il aille, à pied ou à 1, ou d'avoir regard sur sa personne et sur ses ements. Ils couchent près de sa chambre, pour lanière de sûreté pour sa personne. Et quand le tout le jour labouré sur ses affaires et donné nce à un chacun, et se retrait en sa chambre, écuyers vont avec lui, pour lui faire*" compagnie, ns chantent, les autres lisent romans et nouvelles autres se devisent d'armes et d'amours, et lu prince passer le temps en gracieuses nou- . Lesdits écuyers peuvent à toutes heures en la bre du prince, s'il n'y a conseil; ils ont chambre r, plat et viande, comme les maîtres d'hôtel du

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