REUTIONS DB LOUIS XI AVEC LB SAINT-SIÈGE
notoires qu'il a faites et fait chaque jour sur la Chrétienté, et qu'il est à douter de faire encore plus largement et de brief, si provision n'y est donnée; lui suppliant et requérant, comme à celui qui, comme imitateur de ses nobles pro géniteurs, a été et tenu et réputé, entre les autres princes, le plus singulier et spécial protecteur de la foi, et aviser les façons et moyens comme plus convenablement il pourra ôtr^ pourvu en cesdites matières ; envoie présentement les dessusdits vers notre Saint-Père, pour les causes déjà dites, et pour le supplier et requérir qu'il veuille bien, comme vicaire de Dieu sur la terre, et celui qui sur toutes choses doit avoir cette matière à cœur plus que nul autre, que, de sa part, il plaise à Sa Sainteté de le comprendre et que bons et convenables moyens soient trouvés en cette cause, pour que l'on puisse résister à l'entreprise dudit Turc, et maintenir, secourir et défendre la Chrétienté et la foi, à rencontre des ennemis d'icelle.
^ Item, lui diront comme le roi notredit seigneur a bien voulu avoir l'avis et conseil de plusieurs princes, prélats, seigneurs et communités ou communautés et autres gens notables, tant de son royaume que des autres royaumes, pays et nations de la Chrétienté, pour regarder comment on pourrait plus convenablement besogner et pourvoir en ladite matière. Et a semblé à tous ceux à qui on a parlé et communiqué ces choses, que un seul prince ou une seule communauté ne pourrait être assez fort et suffisant pour résister à l'entreprise et voies de fait des ennemis de la foi ; et qu'il était besoin que notre Saint-Père et toute la Chrétienté, chacun pour sa part, s'employât en ladite matière. Et pour ce qu'il y a plusieurs princes chrétiens qui ont guerre les uns aux autres, lesquels ne voudraient pas délaisser
Jeurs pays en danger pour aller au secours de la foi, sinon qu'ils fussent en paix, et que leursdits pays demeurassent en sûreté, il a semblé qu'il n'y â nul meilleur ni plus convenable moyen pour pourvoir aux choses ci-dessus dites, que notredit Saint- Père assemblât un concile général en lieu décent et compétent, là où notredit Saint-Père, si son plaisir était, se pourrait trouver en personne, ou y envoyer députés loyaux notables, de par lui représentant sa personne, avec tels pouvoirs qu'il appartient en tel cas.
Item, et qu'il plaise à notredit Saint-Père écrire et mander à tous les princes et communautés de la Chrétienté que, au lieu et temps qu'il leur ferait savoir, ils s'y voulussent rendre en personne, si cela se pouvait, et y envoyer leurs solennels messagers et ambassadeurs, avec suffisants pouvoirs de par eux pour besogner, tant sur le fait de la pacification des guerres et différences qui sont entre lesdits princes, comme pour y prendre une bonne conclusion à l'honneur de Dieu, du Saint-Siège apostolique, et au bien de la Chrétienté, et pour résister à l'entreprise dudit Turc et des autres ennemis de la foi.
Item, et laquelle chose est stricte, juste et raisonnable, utile et profitable, tant pour notredit Saint- Père et le Saint-Siège apostolique, que pour le bien de la Chrétienté et de tous les suppôts d'icelle; et aussi il semble bien au roi notredit seigneur, que notredit Saint-Père , auquel il appartient principale- • ment de pacifier les différends qui sont entre les princes chrétiens, pour obvier à l'efiFusion du sang humain chrétien, et pour résister à l'entreprise des ennemis de la foi, qui déjà sont si près, comme chacun sait, et lesquels, depuis peu de temps, ont conquis toute la Grèce, le royaume de Bosnie et plu-