‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 93 sur 129 · RELATIONS DE LOUIS XI AVEC LE SAINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

RELATIONS DE LOUIS XI AVEC LE SAINT-SIÈGE

sieurs autres pays et seigneuries, tant es Marche de Pologne, Hongrie, et autres pays d'Allemagne, qu'en la terre des Vénitiens et près des marches d'Italie, et s'eflTorcent chaque jour d'accroitre leur mauvaise et damnée loi, et abattre et confondre la loi et la foi chrétienne, aura et doit avoir cette matière bien agréable, comme chef et pasteur de l'Église, et Père spirituel de la Chrétienté, pour les biens qui en peuvent advenir, et les inconvénients qui s'en peuvent éviter.

Monnaie de Louis XI.

Item, et pour ces causes, le Roi Très-Chrétien, nôtredit seigneur souverain, comme vrai et obéissant fils de l'Église et du Saint-Siège apostolique, imitateur des très chrétiens rois de France, ses nobles prédécesseurs, lesquels en tant de lieux et par tant de fois se sont employés à défendre et soutenir le Saint-Siège apostolique, et remettre les Saints-Pères en leurs sièges et au patrimoine de l'Eglise, lequel par plusieurs tyrans leur avait été retiré, et l'avaient indûment occupés, et aussi ont augmenté, accru, et autrefois défendu la foi chrétienne plus que nul autre, et es quelles choses quelconques, tant de sa personne que de ses sujets, désirant singulièrement que les choses dessus dites, qui touchent si avant et si grandement la défense de la foi, il y soit pourvu en diligence comme la matière le requiert : supplie

notredit Saint-Père que son plaisir soit d'ordonner et convoquer un concile général, en lieu décent et convenable, là où franchement, libéralement et sûrement les princes chrétiens et leurs procureurs ou ambassadeurs, et aussi des notables communautés de la chrétienté, puissent convenir ensemble pour les causes dessusdites.

Item^ et pour ce que, depuis le schisme du pape Bénédict XIII, et de Grégoire XII, il y a eu un concile en Italie, c'est à savoir à Pise, et un autre après à Constance qui était en la nation d'Allemagne, voisin des Italiens, et subséquemment un autre à Bàle, duquel, si la translation était valable, elle fût faite en Italie ; et que au roi notredit seigneur, comme au premier des rois chrétiens, le prochain concile après l'Allemagne lui est dû en son royaume, et que ainsi même fut-il ordonné au concile de Constance, ledit seigneur suppHe notredit Saint-Père qu'il veuille assigner et constituer ledit concile en son royaume, c'est à savoir en la ville de Lyon.

/<em, et laquelle ville de Lyon est lieu convenable, comme chacun sait, pour faire l'assemblée dudit concile, et aisé pour tous ceux de la Chrétienté, car ceux d'Angleterre et d'Ecosse, qui sont ceux des plus puissants royaumes après le royaume de France, et qui, les temps passés, ont rendu de grands services à la foi, et peuvent encore faire, y pourront sûrement et aisément venir; pareillement, les Espagnes, Provence, Savoie, la duché de Milan, la seigneurie de Venise et les communes de Florence et de Gênes, et autres seigneuries et communes d'Italie, les Suisses, et grande partie des AUemagnes pourront aussi sûrement venir; et, au regard de l'empire et des autres nations d'Allemagne, ils en sont assez proches voisins, et, quand il leur plaira d'y venir ou envoyer,

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