‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 94 sur 129 · RELATIONS DE LOUIS XI AVEC LE AINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

RELATIONS DE LOUIS XI AVEC LE AINT-SIÈGE

ils y seront honorablement reçus, favorablement traités et tenus en paix et en bonne sûreté.

Item, et lequel lieu de Lyon est grand et spacieux, belle et noble cité, garnie de grande quantité de bons logis et de belles maisons habitées par plusieurs notables citadins et autres gens de tous états; fournie de deux notables rivières portant navires, c'est à savoir la Saône et le Rhône, assise en pays opulent, fertile, et abondant de tous vivres et autres choses qu'il faut au corps de l'homme; voisin des pays de Bourgogne, Auvergne, Forez, Beaujolais et d'une partie du Languedoc, pareillement des pays du Dauphiné, Savoie, Provence, de la comté de Bourgogne et de plusieurs pays d'Allemagne, desquels pays parviennent et encore plus viendront , quand ladite assemblée se fera, tant par eau que par terre, grande abondance et quantité de vivres et autres biens ; et ainsi chacun peut connaître que ladite ville de Lyon, quand ores elle ne serait située en royaume de France, on ne pourrait trouver en toute la chrétienté lieu, ville ni place plus convenable pour faire l'assemblée dudit concile, que ladite ville de Lyon.

Item, remontreront lesdits ambassadeurs à nôtredit Saint-Père comme le roi, notredit seigneur, est très déplaisant ou désolé de la question et débat qui est entre icelui notre Saint-Père et la commune de Florence, pour les causes qui suivent.

Premièrement, que, comme est dit ci-dessus, le roi, notredit seigneur, s'est toujours montré et exhibé, et voudrait toujours faire, vrai et obéissant fils de l'Église et du Saint-Siège apostolique, et, quand aucuns ou aucuns voudraient grever ou opprimer à tort notredit Saint-Père, ou le Saint-Siège apostolique, son vouloir et intention sont, et est délibéré ou décidé de porter, soutenir et défendre le Saint-

a LOUIS XI ET SON GOUVERNBMBNT

Siège apostolique et la bonne juste querelle de nôtredit Saint-Père et de TÉglise, autant que jamais fit nul de ses nobles prédécesseurs rois de France.

D'autre part, aussi, les Florentins se sont toujours montrés et exhibés, de tel et si ancien temps qu'il n'est mémoire du contraire, vrais et loyaux Français ; il ne sera pourtant jamais trouvé qu'ils aient fait aucune chose au préjudice des rois ni de la couronne de France, ni tenu part avec quel que soit à rencontre des rois de France ; mais il y a plus, car ils ont serment de fidélité aux rois de France, qu'ils renouvellent, chaque fois qu'ils changent le gouvernement de la cité et seigneurie de Florence; et si trouvent les lois et coutumes qui leur furent baillées par monseigneur saint Charlemagne, et usent et gardent les privilèges qui par lui leur furent donnés et par les autres de France ; et encore plus, ils ont été par trois fois, c'est à savoir du temps d'Astolphe, du temps des Douze, et du temps des Déranger, lesquels furent tous des persécuteurs de l'Église, et aussi persécutaient les Florentins, remis de servitude en liberté; et, à cette cause, s'ils se trouvent Français, et que le roi, comme imitateur de ses nobles prédécesseurs, les trouve et répute tels, et qu'il les veuille porter et soutenir en leur bon droit, quand ils le requerront, ce n'est pas de merveille.

Item aussi, les choses ci-dessus dites considérées, c'est à savoir la bonne amour, affection et bienveillance que le roi, nolredit seigneur, porte envers nôtredit Saint-Père et le Saint-Siège apostolique d'une part, et les causes aussi et occasions qui le poussent à désirer la pacification des différends dits dessus, semble au roi notredit seigneur, que notredit Saint- Père ne doit pas être mécontent, s'il le suppplie qu'il veuille entendre à ce que lesdits différends

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