‹ L'histoire de France (volume 2)Chapitre 97 sur 129 · RELATIONS DE LOUIS XI AVEC LE SAINT-SIÈGE · texte numérisé non relu

RELATIONS DE LOUIS XI AVEC LE SAINT-SIÈGE

du pays d'Italie ni de la Chrétienté, mais, par mauvaises persuasions et fausses données à entendre l'on a peut-être excité notredit Saint-Père à faire et consentir choses que, si Sa Sainteté eût été bien avertie de la vérité de ces matières soit sue, supplie à notredit Saint-Père qu'il lui plaise de s'informer comment les choses ont été faites, et, au sutplus, conduire les matières de manière qu'elles puissent veni^ à boûûe pacification.

Item, et si. le pape voulait colorer l'excès qui a été fait à Florence, sur le fait et cause de Laurent de Médicis et de ses adhérents, pour les causes soutenues en sa bulle, et, après, voulait mettre en avant l'exploit qui a été fait audit lieu de Florence, contre le cardinal de Saint-Georges ad velutn auteum, et contre rat*chevêque de Pise et les autres qui étaient venus en leur compagnie audit lieu de Florence, re* montrant l'outrage qui a été fait au Saint-Siège apo^ stolique et à l'Eglise, et les censures, peines et confiscations lesquels lesdits de Florence sont enchuz au moyen des choses dessus dites.

Leuf soit répondu que le Roi Très-Chrétien, notre souverain seigneur, ne voudrait soutenir ni se porter à aucun excès ni outrage fait contre le Saint-Siège apostolique, contre notredit Saiht-Père, tti en énervant l'autorité, prééminence, prérogatives et privilè^ ges de l'Église et des suppôts d'icelle, mais aussi il faut bien regarder comment et pourquoi les choses ont été faites, et ouïr partie en ses défenses, et quand tout cela sera fait, l'on sait bien qui sont les agresseurs, et commenceurs desdits inconvénients, cela peser et comparer les choses les unes avec les autres et sur cela aviser les moyens, l'honneur du Saint-Siège apostolique, la gatde et le droit des parties, comme on pourra mettre les choses en

bonne pacification; et, si les Florentins ont tort, le roi se mettra en peine de les faire rentrer à la raison ; et aussi, si les orateurs de notredit Saint-Père ont eu tort, que semblablement notredit Saint-Père y donne la punition et provision ainsi que cela doit se faire par raison.

Item, et si lesdites matières étaient en si grande aigreur et différences entre lesdites parties, que nulles d'entre elles ne voulussent se ranger à la raison, les ambassadeurs supplieront, de par le roi, à notredit Saint-Père, que, toute faveur et affection arrière mises, son plaisir soit, en faveur et considération des choses ci-dessus dites, faire cesser toutes voies de fait, et que bonne trêve et abstinence de guerre soit prise jusques à un certain temps entre lesdites parties, pendant lesquelles trêves chacune de ces parties puissent demeurer en paix et sûreté les uns avec les autres, et s'employer tous ensemble au bien et à la défense de la foi.

Item, et pendant lequel temps desdites trêves, si les parties se peuvent accorder ensemble, le roi en sera très joyeux; et si, ainsi, ils ne peuvent s'accorder, l'on espère qu'au prochain concile, dont cidessus est fait mention, que notredit Saint-Père et l'Eglise universelle les appointeront de manière que s'il plaît à Dieu, bonne paix sera faite enlre eux.

§ 6. — RENOUVELLEMENT d'aLUANCE ENTRE LOUIS XI ET BONNE, DUCHESSE DE MILAN, AINSI QUE JEAN SFORZA VISCONTI, SON

FILS (12 juillet 1478).

(Mlle Dupont, Mémoires de Commynes, Preuves.)

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France, à tous ceux qui ces présentes verront, salut. Comme, pour

Page 1