‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 114 sur 329 · La Spezia · texte numérisé non relu

La Spezia

joignant son logis, dedans une autre maison que ledit Plisco en peu de jours avait fait faire, fut logé le cardinal d'Amboise, lequel faisait dépêche à messagers et ambassadeurs, et sans séjour mettait la main et avait l'avis au besoin des affaires qui, au roi, de jour à autre de par delà survenaient ; et était moult soigneux de ce, comme celui qui en avait toute la charge.

Le lendemain fut le roi ouïr messe à un collège de religieux de l'observance de Saint-Dominique, nommé Sainte-Marie de Castel, et là lit ses prières et oraisons très dévotes.

Ce même jour, sur les deux heures après midi, un navire marchand d'Espagne, chargé de blés, arriva devant le port de Gênes, à deux milles près en mer; et, en approchant, ceux qui étaient devant virent sur les tours du château et du môle, et au palais, branler au vent les étendards du roi, dont s'arrêtèrent; et, lorsqu'à ces enseignes connurent que le roi était dedans, sachant la guerre ouverte entre les Français et les Espagnols, pensèrent que là n'y avait bonne sûreté pour eux, par quoi voulurent tourner voiles; mais tantôt furent avisés de ceux qui étaient aux navires de France au port de Gênes, entre lesquels était un nommé Le Clermont, bon cursoire et léger; si se mit à la poursuite de l'Espagnol avec trois brigantins et deux esquifs. Il alla sitôt, que, en moins de deux heures, eut atteint de vitesse celui navire, et par force le prit, et arrêta et détroussa, et le mena à Gênes. Tantôt de ce fut le roi aparanté, et sachant que c'était un navire marchand de vivres, fit tout rendre et à sûreté mettre celui navire en mer.

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