‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 115 sur 329 · VISITE DU ROI AU PORT. — DESCRIPHON DES DIGUES · texte numérisé non relu

VISITE DU ROI AU PORT. — DESCRIPHON DES DIGUES

Ce jour, sur le soir, après souper, le roi, pour soi déduire et voir ses galères, navires et caraques, et le navigage de Gênes, fut sur le môle, et là vit plusieurs passe-temps nouveaux et ébattements joyeux. Là vit les matelots monter, les pieds amont, du bas des navires jusque dedans les hunes, et descendre la tête contre-bas jusqu'au fond des navires, et les uns soi jeter d*amont les hunes jusqu'en mer, les autres nager sur l'eau, et les îiutres dessous moult longuement tirer artillerie, sonner instruments, courir esquifs, brigantins et galiotes, de navire à autre, et faire là mille autres algarades et jeux divers, en quoi prit moult grand plaisir; et, ce fait, se mit à regarder le môle, qui est une chose bien digne de record. Et pour en faire quelque court décrit, c'est une muraille assise en mer sur gros rochers, qui artificiellement sont jetés là dedans l'un sur l'autre à pierre perdue, et tant que, à l'endroit où la muraille est assise, iceux rochers surmontent l'eau, qui en aucuns endroits a de profondité plus de cent pieds. Toutefois, ainsi que moi-même ai vu faire, tant y mettent les ouvriers de grosses pierres, qu'ils prennent par les montagnes de là près, et mettent dedans leurs navires propices à ce pour jeter là-bas, que dessus et à fleur d'eau apparaissent; et là mettent menue pierre et force ciment, pour aplanir leur fondement et pour asseoir leur muraille sur icelui rocher artificiel. Laquelle muraille a d'épais et de largeur au bas quarante pas ou environ, de hauteur par sus l'eau quinze pieds au plus. Le dessus de cette muraille est tout pavé à carreaux larges et bien unis. Et là-dessus en plusieurs endroits sont hautes, grandes et grosses

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