‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 122 sur 329 · DON. ALONZO MIS A RANÇON · texte numérisé non relu

DON. ALONZO MIS A RANÇON

Au bout de quinze jours, vint un trompette demander un sauf-conduit pour un de ses gens qui lui voulait apporter l'argent de sa rançon. Il fut baillé et par ainsi l'argent apporté deux jours après; par quoi le seigneur don Alonzo fut de tous points délivré. Il prit congé du Bon Chevalier et de toute la compagnie assez honnêtement, et puis s'en retourna à Andria. Mais, avant son départ, il vit comme le Bon Chevalier donna entièrement l'argent de sa rançon à ses soudards, sans en retenir pour lui un seul denier.

Quand le seigneur don Alonzo fut arrivé à Andria, de tous ses compagnons et amis il eut accueil merveilleux ; car, à dirç la vérité, il n'y avait homme en toute l'armée des Espagnols plus estimé que lui, ni qui plus aimât les armes. Ils le confortèrent le mieux qu'ils purent, lui remontrant qu'il ne se devait point fâcher d'avoir été prisonnier, que c'était fortune de guerre de perdre une fois et de gagner l'autre, et qu'il suffisait que Dieu l'eût rendu sain et sauf parmi ses amis. Après plusieurs propos, il fut questionné sur la façon et manière de vivre du Bon Chevalier, quel homme c'était, et comment, durant sa prison, il avait été traité par lui. A quoi répondit don Alonzo : « Je vous promets, ma foi, messeigneurs, que, quant à la personne du seigneur de Bayard, je ne crois point qu'au monde il y ait un plus hardi gentilhomme ni qui soit moins oisif; car s'il ne va à la guerre, sans cesse il fait quelque chose ou il est avec ses soudards, soit à lutter, sauter, jeter la barre, et tous autres honnêtes passe-temps que savent faire gentilshommes pour s'exercer. En libéralité il n'y a

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