‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 128 sur 329 · BAYARD AU PONT DIT CARIOLIANO · texte numérisé non relu

BAYARD AU PONT DIT CARIOLIANO

yeux, et dit: « Hélas! mon maître, mon ami, comment pourrais-je jamais reconnaître les biens que vous me faites? — Taisez -vous, compagnon : si j'avais la puissance, je ferais beaucoup mieux pour vous. >» De fait, toute sa vie Tardieu en fut riche; car, au moyen de cet argent, après qu'ils furent retournés de Naples et revenus en France, en son pays, il épousa une héritière, fille d'un seigneur de Saint- Martin, qui avait trois mille livres de rente.

Il faut savoir ce que devinrent les autres sept mille cinq cents ducats. Le Bon Chevalier sans peur et sans reproche, le cœur net comme la perle, fit appeler tous ceux de la garnison et, à chacun selon sa qualité, les distribua, sans en retenir un seul denier. Puis il dit au trésorier : « Mon ami, je sais bien que, si je voulais, j'aurais bonne rançon de vous, mais je me tiens content de ce que j'ai eu. Quand vous et votre homme voudrez partir, je vous ferai conduire sûrement en quelque place de vos gens que vous voudrez, et il ne vous sera rien ôté de ce qui est sur vous, et ne vous fouillera-t-on point. » Il avait bien vaillant à lui, en nippes ou en argent, cinq cents ducats et mieux. Qui fut bien aise? Ce fut le pauvre. trésorier, lequel, par un trompette du Bon Chevalier, auquel il donna trois écus, fut conduit jusqu'à Barlette avec son homme, bien heureux, vu la fortune qui lui était advenue, d'être tombé en si bonnes mains.

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