SiDge
telle, que, en regardant celui de Rohan aussi dif-
Oié en costume de maréchal. (Recueil Oaignières.)
forme pour la barbe qui lui couvrait tout le visage, tout à coup, de dessus le lit où il était, saillit d'un
18 LOUIS XII ET LE CARDINAL d'aM BOISE
saut jusque contre lui et se vint attacher les mains à sa barbe, en tirant à toute force, dont celui de Rohan, tout effrayé, se prit à crier et courroucer, disant qu'on se truffait de lui, et, à force de tirer, arracha le marmot de sa barbe et le jeta contre terre, lequel se releva et se mit sur le lit en faisant la moue à son homme; de quoi là n'eut homme, réservé celui que savez, qui ne fit sa "risée à pleine bouche. Que fut-ce? après tc^ites ces choses, ledit de Rohan, tout mal content, s'en issit de la chambre en disant : « Adieu, seigneurs, et gardez bien votre marmot ! » et ainsi chacun se retira. Après, fut mené à Paris^ avec ses charges, et icelles vues et mises en avant, le procureur du roi prit conclusion contre lui, tendant à fin qu'il fût décapité, et démembrés ses biens publics et ses enfants déclarés inhabiles à succéder comme fils de commiseur de crime de lèse-majesté.
A tous articles, ledit messire Pierre de Rohan dit toujours : nego, et avec ce, fut par lui demandé délai à donner et prouver innocence et objecté reproches, ce qui lui fut accordé pour rapporter le premier jour du mois d'avril ensuivant, auquel parties furent renvoyées au parlement de Toulouse. Appelés lesdits seigneurs de Selva, du Prat et de Luynes pour voir et juger la cause, lesquels, après la vue et consultation d'icelle, donnèrent leur arrêt, lequel fut prononcé parle premier président de Toulouse ; par lequel arrêt fut ledit de Rohan suspendu de son office de maréchaussée pour cinq ans ; interdit d'approcher la cour de dix lieues près, durant ledit temps; privé de ses gens d'armes, déclaré inhabile et privé de toutes gardes de places et chàtellenies ; condamné à rendre au roi l'argent des mortes-paies du château de Fronsac, depuis le tomps de douze ans, et au surplus,