‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 140 sur 329 · FAVEUR DE LOUIS DE GRAVI LLB · texte numérisé non relu

FAVEUR DE LOUIS DE GRAVI LLB

absous de plus grand'peine demandée par ledit procureur du roi *,

§ 7. — FAVEUR DE LOUIS DE GRA VILLE. — LES MALVEHSATIOXS FINANCIÈRES, CAUSE DES DÉSASTRES D'ITALIE . — MISE EN ACCUSATION ET CONDAMNATION DE PLUSIEURS GRANDS PER* SONNAGES.

Lorsque messire Pierre de Rohan eut le bond en l'entrant de Fan 1504, messire Louis de Gravilie, amiral de France, lequel du temps de ce roi n'avait que bien peu suivi la cour; il, au moyen de son bon bruit et du prochas d'aucuns ses amis, et par l'avis du roi, fut envoyé quérir pour assister au conseil, comme celui qui était ancien sage et clairvoyant, et qui moult savait; et lui, venu en cour, fut bénignement reçu du roi et autorisé grandement en l'afFaire du conseil et autres besognes du royaume, et tellement que, à sa venue, plusieurs choses touchant le défaut des pertes et moyens d'icelles faites par cidevant furent débattues et mises sur le bureau; et mémement fut conseil tenu sur les grands frais, excessives mises et extrêmes dépenses qui pour les armées du roi de delà et deçà les monts avaient été faites; et tellement y fut vu, que, le nombre des finances baillées aux trésoriers et la somme d'icelles reçues par les gens d'armes du roi entrejetés, de plus de douze cent mille francs de reste furent lesdits trésoriers et clercs des finances envers le roi endettés, sans que nouvelles fût de les rendre ni restituer : par quoi le roi, pour ce avérer, tint la chose celée jusqu'à temps. Tant fut le cas découvert, que l'un d'iceux

1. Voir, de Maulde, Procédures politiques du règne de Louis XIL Paris, Imprimerie nationale, 1885, in-4°.

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butiniers, averti de la menée, s'en alla au roi et dit : « Sire, s'il est votre bon plaisir de me donner grâce de mon forfait et pardonner mon défaut, je vous nommerai aucuns de ceux qui ont butiné votre argent, et vous restituerai ce que j'en ai eu. »

Le bon roi, ayant la confession du pauvre larron qui restituer voulait et accusait les malfaiteurs, ne voulut tant la mort du pécheur, que, après les pièces rendues, ne lui fît bailler sa grâce par écrit et pardonna son crime, et après ce, telle inquisition fit sur son affaire, que, par celui et par autres, eut en écrit les noms d'iceux qui sur ce s'ensuivent, c'est h savoir : messire Antoine de Bessey, lequel en fut depuis à son honneur déchargé; Jean Duplessis; François Doulcet, maître de la chambre aux deniers et contrôleur des guerres extraordinaires; Nicolas Briseau, Charles Lemaçon, Gilles Leroux, Pierre Mesnager, Gilbert Lemaçon, maître Jean Hérouet, Jean Beldon, Berlaut de Villebrême, Pierre l'Estourneau, Jacques de Fontenay, Emery Loppin, Jean de Chiédeville, clercs de finances, et quelques autres dont je n'ai su les noms; lesquels le roi fît tous prendre, réservé François Doulcet, qui se sauva chez les Jacobins de Blois. Nicolas Briseau avait gagné l'église de Saint-Martin de Tours, pour franchise; mais le roi l'envoya prendre jusque-là et le fit ramener à Blois. Messire Antoine de Bessey fut pareillement envoyé quérir jusqu'à Dijon, et prendre par un nommé messire Lancelot du Lac, gouverneur d'Orléans. Courcou fut pris à Blois à son logis ; les autres furent envoyés prendre, les uns à Paris, les autres à Orléans, et là où ils étaient, et mis entre les mains de Jean d'Anglac, prévôt de l'hôtel du roi. Ils furent interrogés et ouïs sur ce par messire Guy de Rochefort, chancelier de France, et de tous ceux du conseil du roi, tant

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