‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 142 sur 329 · FAVEUR DE LOUIS DE GRAVILLE · texte numérisé non relu

FAVEUR DE LOUIS DE GRAVILLE

étaient fors prisonniers messire Antoine de Bessey, bailli de Dijon; Jean Duplessis, ditCourcou. Or avait été, devant ce, ouï et interrogé ledit bailli de Dijon, par messire le chancelier de France, Raoul de Lannoy, bailli d'Amiens, et le seigneur de Bouchage, sur ce qu'on le chargeait d'avoir pris et retenu l'argent du paiement d'aucun nombre de Suisses ordonnés pour aller au voyage de Naples; de quoi s'excusa moult vertueusement, disant que l'argent qu'il avait du roi pour exploiter à cette affaire, avait légalement distribué et mis totalement, comme apparaissait par le rôle du nombre desdits Suisses et le paiement sur ce fait; et au dire d'aucuns ambassadeurs et Suisses, qui lors étaient en cour, et au voyage de Naples avaient été, s'en voulait rapporter; dont furent ouïs lesdits Suisses, lesque!s de ce déchargèrent ledit de Dijon, disant qu'ils avaient été présents au paiement de tous les Suisses qui avaient été audit voyage, et nuls d'iceux en avaient ouï plaindre ni murmurer. Par quoi toutes ces choses mises en avant et rapportées au roi, fut celui bailli de Dijon mis hors de prison et entretenu du roi en ses gages et offices mieux que devant, et bien à point traité en cour, comme souvent j'ai vu depuis.

Jean Duplessis demeura, quelque temps après ce, audit château de Loches, étroitement tenu et bien gardé; mais nonobstant toutes les charges et condamnations contre lui faites, et au prochas d'aucuns ses parents et amis, le roi, comme très piteux et tout humain, ne le voulut tenir en perpétuel exil, mais lui élargit sa grâce, tant que hors de chartre le fit mettre et envoyer à sa maison.

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