LIGUE CONTRE VENISE
(Traités de Léonard, t. II, p. 26.)
Le premier traité était une confédération entre Louis XII et Maximilien contre les Vénitiens. « Les deux rois, exhortés par les délégués du Saint-Père, Charles de Caretto, marquis de Finale, et Pierre Filioli, évêque de Sisteron ; sollicités, par certains brefs apostoliques, de prendre les armes et de secourir Sa Sainteté, comme vrais et dévoués fils de rÉglise, afin de l'aider à recouvrer le territoire du patrimoine de Saint-Pierre que les Vénitiens retenaient depuis plusieurs années, au mépris de la foi, de Dieu et de toute religion, étaient d'accord pour défendre le Saint-Siège, à l'exemple de leurs prédécesseurs, pour punir les iniquités, les injures et les rapines des Vénitiens, qui avaient causé un préjudice énorme non seulement à l'Église romaine, mais au Saint-Empire et au Roi Très-Chrétien, en restant détenteurs injustes de belles provinces, de grandes villes, de châteaux et de riches domaines. » Les deux rois convenaient donc de reprendre par la force, au mois de mai suivant, les domaines, châteaux, villes et provinces que les Vénitiens avaient usurpés, et de ne pas cesser la guerre jusqu'à ce que le Saint-Siège eût recouvré Ravenne, Cervia, Faenza, Rimini, les châteaux d'Imola et de Césène et toutes les terres arrachées à l'État apostolique ; jusqu'à ce que le roi des Romains eût reconquis Vérone, Padoue, Vicence,
28 LOUIS XII ET LE CARDINAL d'aMBOISË
Trévise et tout autre lieu dépendant de TEmpire; jusqu'à ce que le roi de France eût fait rentrer dans son duché de Milan le Crémonais, le Bressan, le Bergamasque, la Ghiarra-d'Adda, et tout ce qui avait, appartenu aux anciens ducs de Milan. Le duc de Ferrare, le marquis de Mantoue et la république de Florence pouvaient se joindre à cette ligue offensive, pour revendiquer aussi leurs possessions occupées par les Vénitiens. Le roi de Hongrie était également invité à reprendre ce que les Vénitiens lui avaient enlevé de ses États. Dans le cas où le Turc, allié de Venise, viendrait, à la requête de cette république, envahir la chrétienté, les rois confédérés réuniraient toutes leurs forces contre cet infâme ennemi de la foi catholique, comme pour éteindre un commun incendie. Enfin, si le pape jugeait à propos de procéder par voie de censure ecclésiastique contre les Vénitiens, et de lancer l'interdit sur leur république, les confédérés étaient tenus de prêter assistance à ces mesures de rigueur, en permettant toutes représailles contre les sujets de Venise, et en livrant leurs biens au pillage. Ce traité, juré sur les quatre évangiles, en parole de pape et de roi, devait être secret jusqu'à son exécution.
§ 2. — DEUXIÈME TRArrÉ. — ALLIANCE ENTRE LOUIS XII, MAXIMILIEN ET l'aRCHIDUC PHILIPPE LB BEAU.
Cette alliance, vraie, bonne, sincère et indissoluble pour eux et leurs successeurs à perpétuité, unissait les trois princes comme une seule àme en trois corps; amis de leurs amis et ennemis de leurs ennemis réciproques, se portant aide Tun l'autre contre tous. Le roi des Romains promettait de ne faire aucune