DEUXIÈME TRAITÉ
tentative sur le duché de Milan ni sur les Etats des ducs de Ferrare et de Savoie; du marquis de Mantoue, des républiques de Florence, de Sienne et de Lucques; des seigneurs de Carpi et de Gonzague, que recommandait le roi de France, à moins que ces vassaux du Saint-Empire refusassent l'obéissance à laquelle ils étaient tenus. Ledit roi des Romains pourrait traverser le duché de Milan et les autres domaines du Roi Très-Chrétien au delà des Alpes, lequel serait obligé de l'y faire recevoir et accompagner avec honneur par les principaux officiers du pays. Le roi des Romains pardonnait tous les délits de fait et d'omission envers le Saint-Empire; mais il se réservait à l'avenir de châtier, selon les lois de TEmpire, toutes les fautes de ses feudataires. Le roi de France s'engageait à ne pas s'immiscer dans les affaires de l'empire en Italie, ou en dehors de l'Italie. Le roi des Romains devait, trois mois après ce traité, accorder l'investiture du duché de Milan au roi, pour lui et ses successeurs mâles et descendants de son corps; à leur défaut pour sa fille aînée et pour son gendre le duc de Luxembourg; en cas de mort de Madame Claude, pour une autre fille qui épouserait ledit duc, ou un autre fils de l'archiduc; et en cas que ceux-ci décédassent sans enfants, pour les autres héritiers mâles du roi. En récompense de cette investiture, le Roi Très-Chrétien donnait 200000 francs, que Sa Majesté impériale serait forcée de rendre si elle ne continuait pas l'investiture aux héritiers collatéraux du roi. Le roi promettait de ne contracter aucun appointement relatif au royaume de Naples, avec le roi et la reine d'Espagne et le roi Frédéric, sans la volonté du roi des Romains; et celui-ci protestait pareillement de ne conclure aucune espèce de traité avec ledit Frédéric, sinon avec Fassentiment de
30 LOUIS XII ET LE CARDINAL d'aMBOISE
son allié. Le roi de France, par déférence pour le roi des Romains, consentait à octroyer dans son royaume des terres et un état honorable aux fils de Ludovic Sforze, aussitôt l'investiture accordée; il réintégrait aussi dans tous leurs biens les bannis milanais, en les absolvant du crime de lèse-majesté, excepté trente-quatre seigneurs désignés, qui néanmoins toucheraient les revenus de leurs domaines, quoique leur bannissement fût maintenu; les autres prêteraient serment au roi, sur les saints évangiles, comme bons et fidèles sujets de la majesté royale. Les électeurs et princes du Saint-Empire étaient nommés conservateurs de cette alliance, à laquelle le roi d'Espagne pourrait participer, si dans l'intervalle de quatre mois il voulait confier à Tarchiduc le royaume de Naples, au profit du duc de Luxembourg, fiancé à Madame Claude de France. En outre, Louis XII, en qualité de vassal de l'Empire, consentit, sur parole, à offrir en don au roi des Romains une paire d'éperons d'or, chaque année, le jour de Noël.
§ 3. — TROISIÈME TRAITÉ. — SÛRETÉS MUTUELLES POUR l'accomplissement du MABIAGE AUTRICHIEN.
Le troisième traité, qui était entièrement secret, reposait sur des lettres patentes du roi, par lesquelles il autorisait la reine à traiter elle-même le mariage de sa fille Claude avec le fils aine de l'archiduc; et pour l'accomplissement et perfection de ce mariage, on avait établi des sûretés mutuelles. Par ordre du roi, le duc de Clèves, gouverneur de Bourgogne, jurerait à l'archiduc de lui rendre franchement et quittement le duché de Bourgogne, au profit | de Madame Claude et du duc de Luxembourg, dans le cas où le roi viendrait à mourir sans hoirs mâles;