‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 148 sur 329 · Il est facile de voir que ce traité, si préjudiciable · texte numérisé non relu

Il est facile de voir que ce traité, si préjudiciable

§ 4. — DÉLfeÉRATION ET DÉCISION DE LA MUNICIPALITÉ DE PARIS RELATIVES A l'ENTRÉE SOLENNELLE DE LA REINE.

(Cérémonial français.)

En rassemblée faite en la grande salle de Thôtel de la ville de Paris, le 7« jour de novembre Tan 1504, OÙ étaient messieurs les prévôt des marchands et échevins de ladite ville, messire Jean de Gannay, président en la cour de Parlement; messire Denis de Bedant, chevalier président des comptes; maître Jean Hurault, président des généraux de la justice; maître Charles Guillard, maître des requêtes ordinaire du roi notre sire; sire Jean Legendre, maître Jacques Vauquier, maître Antoine Hesselin, conseillers de ladite ville; Jean Eschars, sire Jean de Colme, sire Jean Paillart, sire Jean Croquet, sire Denis Godefroy, Pierre Cosse, Nicolas Crespy, Hugues de Neufville, Henri Gomont, Jean Maciot, quarteniers; Jean Baudin, Jean Tronçon, Jean Girault, Claude Guillebon, Henry Tannegui, maître Genest de Luc, Augustin Bouguiet, Jean Courtin, Millet Lombart, maître Guy Le Fourbeur, Jean Gouge, Martin Gouge, et plusieurs autres bourgeois et marchands de ladite ville, pour avoir conseil et délibérer de la réception que l'on devait faire à la reine, notre souveraine dame, à son entrée et joyeuse venue en cette ville de Paris, en ensuivant certaines lettres du roi notredit seigneur, envoyées à mesdits

aux intérêts de la France et de la couronne, avait été conclu sous l'inspiration d'Anne de Bretagne, et avec la préoccupation de la fin prochaine du roi. L'entrée solen- . nelle de la reine dans la capitale, où elle n'avait pas mis les pieds depuis qu'elle avait épousé Louis XII, parut assurer le triomphe de sa politique personnelle.

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sieurs les prévôt des marchands et échevins, bourgeois, manants et habitants de cettedite ville, dont la teneur ensuit : « Très chers et bien amés, notre très chère et très amée compagne la reine a intention en bref de faire son entrée en notre bonne ville de Paris; et pour ce que désirons de tout notre cœur qu'elle soit par vous reçue et recueillie le plus joyeusement et le plus honorablement que faire pourrez, si vous en avons bien voulu avertir à ce que vous prépariez de votre part à ainsi le faire, comme vous le voudriez faire à notre propre personne; et en ce faisant, vous ferez chose que nous aurons très agréable, et que nous retiendrons à mémoire quand besoin sera. Très chers et bien amés, notre Seigneur vous ait en sa garde. Donné à Fontainebleau, le trentième jour d'octobre. Ainsi signé : Louis de Saussay. » Et après plusieurs remontrances faites en ladite assemblée par mesdits sieurs les prévôt des marchands et échevins, mondit sieur le président de Gannay, et autres, a été conclu et délibéré que Ton doit recevoir ladite dame le plus honorablement et honnêtement que faire se pourra, et que Ton doit mander les maîtres gardes des marchandises de draperie, épicerie, pelleterie, mercerie, changeurs et orfèvres, pour nommer en chacune desdites marchandises quatre notables personnes, pour chacun en robe de soie accompagner mesdits sieurs les prévôt des marchands et échevins^ et aller au devant, et porter chacun à son tour le ciel sur elle, ainsi qu'il est accoutumé faire en tel cas. Et aussi que l'on doit mander plusieurs bourgeois de ladite ville, et leur ordonner eux honnêtement accoutrer, et en robes de parure, pour y accompagner mesdits sieurs les prévôt des marchands et échevins : en outre, que Ton doit commander aux officiers dudit hôtel de

ville avoir habillements, ainsi qu'il leur serait ordonné par lesdits prévôt et échevins, pour les accompagner à icelle entrée, Et touchant le don et présent qu'il conviendra faire à icelle dame à sadite entrée, Ton le doit faire le plus grand et honnête qu'il est possible faire pour les grandes et louables vertus qui sont en elle, et pour captiver sa bénévolence et grâce, et faire dépense qu'audit don qu'autres frais jusqu'à la gomme de dix mille livres tournois, et au-dessous, qui est environ la dépense que l'on a accoutumé faire es entrées des rois et reines en cettedite ville. Et aussi a été délibéré que l'on doit faire faire beaux et grands mystères es portes, et autres lieux de ladite ville, où on les a accoutumé faire èsdites entrées.

Et aussi a été ordonné que mesdils sieurs les prévôt des marchands et échevins, et le clerc de ladite ville, seraient vêtus de robes de soie mi-partie, et jusqu'à la somme de quatre-vingts livres parisis chacune robe, laquelle somme de quatre-vingts livres parisis sera baillée par le receveur de la ville à chacun desdits prévôt, échevins et clerc, et ensuivant la délibération faite le jeudi treizième janvier Tan mil cinq cent et un.

En l'assemblée faite en l'hôtel de ville de Paris le seizième jour de novembre l'an mil cinq cent et quatre, où étaient messieurs les prévôt des marchands et échevins de ladite ville, monsieur messire Jean de Gannay, président en la cour de Parlement; maître Nicole Viole, correcteur des comptes; maître Jean de Rueil, lieutenant civil; monsieur le Trésorier, Jean Legendre; maître Jean de Marie, maître Bertrand Ripault, maître Jacques Vauquier, sire Jean le Lièvre, maître Jean de Vignancourt, conseiller en la cour de Parlement, et sire Pierre de la Poterne, con- Beillers de ladite ville, pour avoir avis et conseil sur

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aucunes choses ci-après déclarées, touchant l'entrée en cette ville de la reine notre souveraine dame. Premièrement a été ordonné que commandement sera fait à tous les habitants es maisons depuis la porte Saint-Denis jusqu'à Notre-Dame par où ladite dame passera, qu'ils aient en chacune de leurs maisons, en une fenêtre du premier étage, une torche ardente, quand ladite dame et son train passeront.

Item, a été conclu que l'on invitera ladite dame à venir dîner en l'hôtel de la ville, et qoe l'on la doit recevoir bien honnêtement et somptueusement sans rien y épargner.

Item, a été avisé que l'on ordonnera douze ou quinze maisons, depuis ladite porte Saint-Denis jusqu'à Notre-Dame, pour donner pain et vin, et recevoir ladite dame, ses demoiselles et ses gens, s'il leur venait aucune faiblesse.

Item, que Ton fera faire par la ville quatre-vingts ou cent falots, pour mettre depuis la porte du palais jusqu'à Notre-Dame, pour éclairer à ladite dame à aller depuis ledit palais jusqu'à Notre-Dame, et depuis Notre-Dame jusqu'à son retour audit palais, où elle soupera ce jour.

Item le receveur de la ville maître Jean Hesselin a baillé en ladite assemblée une requête, faisant mention que de tout temps il avait accoutumé avoir robe à la livrée de mesdits sieurs les prévôt et échevins, et pour les services qu'il a faits à ladite ville, requérait à ladite entrée de ladite dame en cette ville avoir robe à ladite livrée de mesdits sieurs les prévôt des marchands, échevins et clerc. Sur laquelle requête a été conclu et ordonné que, pour les bons services que ledit receveur a faits à ladite ville, il aurait pour cette fois une robe jusqu'à la somme de quatre-

vingts livres parisis, qui est la somme ordonnée pour chacune des robes de mesdits sieurs les prévôt des marchands, échevins et clerc : mais ladite robedudit receveur ne sera de la livrée de mesdits sieurs, pour ce qu'il n'eut jamais droit de cause de l'office de receveur, et l'avait à cause de l'office de clerc de la ville, et l'aurait par manière de taxation.

§ 5. — SACRE.de la REL^E A SAINT-DEMS. — SON ENTRÉE A PARIS.

Le lundi XVIIIo jour dudit mois de novembre audit an cinq cent et quatre, la reine, notre souveraine dame Anne de Bretagne, fut couronnée reine en l'église monsieur saint Denis en France par monsieur le cardinal d'Amboise, légat en France; et le mardi ensuivant, dix-neuvième jour dudit mois, vint ladite dame dudit Saint-Denis coucher à la Chapelle; et le mercredi ensuivant vingtième jour dudit mois de novembre, à dix heures du matin, messieurs les prévôt des marchands et échevins de cette vilte de Paris habillés, c'est à savoir mondit sieur le prévôt en robe de velours cramoisi et tanné, et mesdits sieurs les échevins et le clerc en robe de satin cramoisi et tanné, partirent de l'hôtel de la ville avec messieurs les conseillers, quarteniers, gardes et maîtres des marchandises, et officiers ci-après nommés, et autres bourgeois et marchands en la manière qui ensuit.

C'est à savoir deux sergents audit hôtel de la ville marchèrent les premiers.

Après eux marchèrent les vendeurs de vins, crieurs de vins, hénouars, et plusieurs autres officiers de ladite ville, habillés chacun en habillements de parures.

Après, les archers marchèrent en habillements de guerre et leurs hoquetons.

Après, les arbalétriers semblablement audit habillement. Après, les serfijents de la ville.

Après, messieurs les prévôt des marchands, échevins et le clerc.

Après, messieurs les conseillers de ladite ville.

Après, les seize quarteniers vêtus de robes de damas noir et tanné.

Après, les quatre gardes des drapiers vêtus de robes de satin cramoisi violet, et environ soixante et dix marchands drapiers, vêtus de robes de drap d'écarlate brune sur couleur de violette de mars, et marchait devant lesdits gardes à cheval le doyen de ladite marchandise, vêtu aussi d'une robe de ladite écarlate, tenant en sa main un bâton.

Après marchaient les quatre gardes de la marchandise de l'épicerie vêtus de robes de damas pers, les deux courtiers de ladite marchandise vêtus de robes de drap bleu et tanné, et environ vingt-quatre épiciers vêtus de robes de drap tanné.

Après, les quatre gardes de la marchandise de pelleterie, vêtus de damas gris cendré, et aucuns pelletiers vêtus de toutes couleurs.

Après, les quatre élus par la communauté de merciers, vêtus de robes de satin tanné brun, et environ trente merciers vêtus de drap tanné.

Après, les quatre maîtres changeurs vêtus de damas tanné, et environ dix autres changeurs après eux.

Après, les quatre maîtres des orfèvres, vêtus de damas bleu, et environ douze orfèvres après eux.

Et après, plusieurs autres bourgeois et marchands de tous états et divers habits allèrent à cheval et en bon ordre, ef deux à deux jusqu'à ladite Chapelle près Paris, où là trouvèrent ladite dame, montèrent

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mesdits sieurs les prévôt des marchand^ et échevins et clerc, les conseillers et quarteniers de ladite ville en sa chambre, et illec mondit sieur le prévôt lui lit une proposition brève de sa bienvenue et bonne entrée en ladite ville de Paris. Ladite dame lui fit bonne réponse, en disant qu'elle remerciait bien mesdits sieurs de la ville, et que s'ils avaient quelque affaire envers le roi, qu'elle serait leur avocate, et ferait tout ce qu'elle pourrait pour ladite ville. Toutes les autres bandes venues avec mesdits sieurs les prévôt des marchands et échevins demeurèrent en bas, à cheval ; ladite dame donna charge à mondit sieur le prévôt de faire mettre par ordre toutes icelles bandes, pour les voir marcher, où elle prit grand plaisir, et retournèrent ainsi en ordre jusqu'en cette ville de Paris; et à la porte Saint-Denis mondit sieur le prévôt des marchands laissa mesdits sieurs les échevins et le clerc pour mettre à ladite porte sur ladite dame le ciel à son entrée, marcha audit ordre, et laissa les dix maîtres des six marchandises, pour prendre par chacune d'icelles marchandises le ciel, et le porter, ainsi qu'il sera ci-après déclaré.

Après marcha mondit sieur le prévôt de Paris avec les officiers du Châtelet, et allèrent faire la révérence à ladite daine.

Après, messieurs les généraux de la finance et de la justice, et autres officiers desdits généraux, élus, et autres officiers desdits élus, allèrent faire la révérence à ladite dame.

Après, messieurs des Comptes, messieurs du Trésor, et messieurs les généraux des Monnaies, et tout leurs officiers allèrent aussi faire la révérence à ladite dame.

Après, monsieur le Chancelier, et messieurs de la Cour de Parlement en robes d'écarlate, et autres oHi-

Anne de Bretagne entourée de ses dames d'honneur. (Bibl. nal.. mg. n«-509t.)

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ciers de ladite Cour, allèrent aussi faire la révérence tous audit lieu de la Chapelle. Et environ onze heures, ladite dame monta en sa litière, et arriva à ladite porte Saint- Denis environ midi, sur laquelle porte y avait un beau et riche mystère d'un grand cœur représentant le cœur de Paris, auquel y avait deux personnages : c'est à savoir Loyauté et Honneur, et était ledit cœur soutenu par trois personnages, c'est à savoir : Justice, Clergé et Commun ; et y avait un acteur qui disait ce qui s'ensuit •

Tout noble cœur en qui gît feauté Doit à sa dame honneur et loyauté : Par quoi Paris la cité capitale Ouvre son cœur d'une amour cordiale P.our recevoir la noble royauté.

Ce cœur humain excellent en beauté Veut réjouir la noble Majesté De sa dame, princesse principale, Obéissant d'une amour filiale ; Car noble cœur en qui gît feauté Doit à sa dame honneur et loyauté.

Par Justice est mis en autorité.

Clergé le tienfen vraie tranquillité, Et le Commun met sa puissance totale Le soutenir de volonté royale.

Tout noble cœur en qui gît feauté Doit à sa dame honneur et loyauté.

Item, à la fontaine du Ponceau, y avait la représentation d'un petit enfant nu de la hauteur de deux pieds ou environ richement peint, par lequel coulait ladite fontaine.

Item, devant Trinité y avait un mystère de la Transfiguration Noire-Seigneur, et autres mystères de la Passion, qui furent faits par les maîtres de ladite Passion, et illec mesdits sieurs les échevinâ

baillèrent ledit ciel aux quatre maîtres de la marchandise de la draperie.

Item, à la vieille porte Saint-Denis y avait un autre mystère des cinq Annes qui sont trouvées dans TAncien Testament, avec lesquelles on ajoutait Anne, noble reine de France, pour les vertus et biens qui sont en elle, et y avait un personnage pour déclarer les choses dessusdites, qui disait en substance ce qui s'ensuit :

Cinq dames sont au Saint Ecrit trouvées.

Nommées Annes, très justes éprouvées.

Ëléazar prit Tune en mariage

Dont fut produit Samuel l'enfant sage.

La deuxième femme du vieil Tobie

De charité et de piété remplie :

La troisième fut mère de Sarah,

Tobie le jeune par grâce l'épousa.

La quatrième prophétesse fut dite,

Car la venue de Christ avait prédite.

La cinquième fut mère de Marie,

Vierge pucelle, qui le doux fruit de vie

Par grâce Dieu enfanta dignement.

Ces cinq dames ont vertueusement

Durant leur temps régné sans quelque doute.

Avec elles la sixième on ajoute :

C'est dame Anne, noble reine de France,

Qui son peuple préserve de souffrance.

Item, devant Saint-Leu Saint-Gilles, lesdits maîtres de la marchandise de draperie baillèrent ledit ciel aux quatre maîtres de la marchandise d'épicerie.

Item, à la fontaine Saint-Innocent y avait un autre mystère des trois rois qui vinrent adorer Notre-Seigneur, et autres mystères qui furent faits par les fripiers ; et illec lesdits quatre maîtres de la marchan-

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dise d'épicerie baillèrent ledit ciel aux quatre maîtres de la marchandise de pelleterie.

Item, les quatre maîtres de ladite marchandise de pelleterie baillèrent ledit ciel devant Sainte-Catherine de la grande rue Saint-Denis aux quatre maîtres de la marchandise de mercerie.

Item, devant le Châtelet y avait autres mystères, illec lesdits maîtres de la marchandise de mercerie baillèrent ledit ciel aux quatre maîtres changeurs, qui le portèrent jusque devant la deuxième porte du palais devant la rue de la Galende, où avait un autre mystère, et' illec lesdits quatre maîtres changeurs baillèrent ledit ciel aux quatre maîtres de la marchandise des orfèvres, qui le portèrent jusque dedans Notre-Dame de Paris. Et à la porte d'icelle église, elle fut reçue par monsieur Tévèque de Paris étant en ses habits pontificaux, accompagné de plusieurs chanoines d'icelle église, et par eux fut conduite jusque dedans le chœur à son oratoire, où elle fit ses prières et oraisons. Ce fait, rentra en sa litière, et s'en alla jusqu'au palais, ledit ciel sur elle que portèrent lesdits orfèvres; où là y eut un bien grand et somptueux souper, auquel avait plusieurs seigneurs, gentilshommes, officiers et gens de bien, et fut ladite dame assise au milieu de la table de marbre, et à côté d'elle, plusieurs princesses et grandes dames.

§ 6. — SÉJOUR DU ROI A PARIS. — SOINS DONNÉS A l'aDMI- NTSTRATION. — FÊTES, TOURNOIS, REPRÉSENTATIONS SATI- RIQUES.

(Jean d'Auton.)

Tout le temps d'été, demeura le roi dedans et autour de Blois^ où durant ce temps plusieurs ambas-

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