VOYAGE DE LA REINE
ç^nde des princes et seigneurs de France et des barons tt gentilshommes de sondit pays à grand nombre,
Chapelle Sainl-Hubert au château d'Amboiso, élevée par Anne de Bretagne.
OÙ tant honorablement fut reçue, que ce fut un merveilleux triomphe. Toutes les vjUes où elle passait lui
furent tendues et les chemins nettoyés; les seigneurs de l'Eglise et les gentilshommes du pays, avec les marchands et tout le peuple, lui furent au devant et raccucillirent tous de pouvoir cordial et joyeuse chère. A Nantes et à Rennes, et aux autres principales villes de son pays, se tint l'espace de cinq mois, où presque durant lequel temps tint ses Etats et mit ordre en toutes les affaires de ses terres de Bretagne, et de jour en autre avait nouvelles du roi; lequel était sus et faisait très bonne chère, et ainsi se trouvant allègre, eut envie de s'en aller à Tours, ce qu'il fit, et passa par Amboise, où séjourna quatre jours.
§ 17. — LE ROI ET LA MAISON d'ANGOULÊME. — SES ATTEN- TIONS POUR LOUISE DE SAVOIE. — ARTHUR GOUFFIER NOMMÉ GOUVERNEUR DU JEUNE DUC FRANÇOIS.
(Jean d'Auton. — Saint-Gelais.)
Là était madame d'Angoulême et monsieur François d'Angouléme, son fils, et Marguerite sa fille, lesquels le roi emmena avec lui à Tours, et les fit loger en son logis de Plessis, où là séjourna par l'espace de deux mois ou environ, en passant le temps à divers débats, l'une fois à voir tirer ses archers, l'autre à regarder chevaucher ses grands chevaux, et l'autre à chasser les sangliers dedans le bois du parc, où monsieur d'Angoulême était toujours quant et lui ; tous plaisants déduits et joyeux passe-temps lui furent faits lors, pour toujours le tenir en liesse; chacun lui disait propos nouveaux et étranges nouvelles, et entre autres, lui fut dit, par vrai rapport d'aucuns Génois et autres qui étaient venus de Gênes, comment dame Thomassine Espinolle, dont j'ai écrit ci-dessus, était morte, et ce, pour avoir ouï