‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 158 sur 329 · LE ROI ET LA MAISON D*ANGOULÊME · texte numérisé non relu

LE ROI ET LA MAISON D*ANGOULÊME

dire que le roi était mort, et lui fut compte des regrets qu'elle avait faits et de la manière de sa mort ; de quoi le roi fut moult émerveillé et bien marri;

Vae du château de Plessis-lès-Tours.

mais à ce ne put nullement remédier ni autrement satisfaire. (Jean d'Auton.) Or veux-je venir à parler de la maison d'Angou-

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lème dont le seigneur commençait a croître, et était pour l'heure en l'âge d'entre dix et onze ans, plus grand sans comparaison que nul autre de sa sorte et si très beau, et bien conditionné, que c'était plaisir à le voir. Quand le roi fut du tout revenu en sa force, et hors de son mal, il partit de Blois, et s'en vint à Amboise, où il fit bien fort bonne chère et à la dame et au seigneur qu'il y trouva, et fut très aisé de voir sa nourriture tant crue en vertus et en grandeur de corps. Et en estima grandement madame sa mère, de l'avoir si très sagement et vertueusement conduit. Il partit dudit Amboise pour aller à Tours, et se logea au Plessis, et voulut que madame d'Angouléme y allât, et qu'elle menât monseigneur son fils et mademoiselle sa fille. Ce qu'elle fît. Et là tant qu'il y séjourna, pour ce que le jeune seigneur aimait la chasse sur tous les autres déduits, il faisait prendre les bêtes en la forêt de Chinon, et partout ailleurs, pour apporter dedans le parc pour son passe-temps et pour donner désennui à son jeune neveu, qui tant y prenait de plaisir. Et sans faillir, il faisait si très bonne chère et à la mère et aux enfants que plus ne pouvait. Madame d'Angoulême, qui est sage et vertueuse, ainsi que les faits le montrent, ayant bonne connaissance du bien et de l'honneur que lui roi lui a fait, et continue chacun jour de faire, voyant que monseigneur son fils devenait grand, et que celui qui au commencement en avait eu charge, en était hors pour aucunes raisons, lesquelles je me passe de mettre par écrit, supplia le roi que son plaisir fût de mettre à l'entour de mondit seigneur son fils quelque gentilhomme sage et honnête pour le guider et conduire selon son vouloir et intention.' Et ledit seir gneur qui de douceur, passe tous autres, et mémcT ment envers ceux qui se conduisent et font leur de-î

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voir comme ils doivent, lai répondit si doucement qu'il fut possible, en lui disant qu'elle y avisât ellemême, et qu'il lui baillerait celui qu'elle voudrait. Et à la fin, quand ledit seigneur y eut pensé, il y mit un chevalier nommé messire Arthus Gouffier, seigneur de Boisy, qui est un très sage, vertueux et bon gentilhomme, qui a été nourri avec le feu roi Charles, et fut au voyage de Naples quant et lui, et depuis en la plupart des voyages qui se sont faits delà les monts, tant avec le roi, au Garillan, qu'ailleurs il s'y est trouvé. Et son expérience montre qu'il a été en de bons lieux, et vu beaucoup de bonnes choses. Il y a environ cinq ans qu'il fut en cette maison, où il n'avait oncques eu auparavant connaissance; mais il s'y est si sagement conduit, que je crois que le roi et la reine s'en contentent, si fait madame d'Angoulême et monseigneur son fils. Et davantage, je dis pour vérité qu'il ne fit oncques déplaisir à aucun de la maison, à prendre du roi plus grand jusqu'au plus petit. Et si a fait pour eux ce qu'il a pu en ce qu'ils l'ont voulu employer. Qui donne à connaître qu'il y a en lui de la vertu et du sens largement. (Saint-Gelais.)

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