‹ L'histoire de France (volume 3)Chapitre 167 sur 329 · REMONTRANCES AU SUJET DU MARUGB DE MADAME CLAUDE · texte numérisé non relu

REMONTRANCES AU SUJET DU MARUGB DE MADAME CLAUDE

« Sire, nous sommes ici venus sous votre bon plaisir pour vous faire une requête pour le général bien de votre royaume, qui est telJe que vos très humbles sujets vous supplient qu'il vous plaise de donner madame votre fille unique en mariage à monsieur François ici présent, qui est tout Français », disant outre plusieurs belles paroles qui émurent le roi et les assistants à pleurer.

Ce fait, le roi appela monsieur le légat, le cardinal de Narbonne et monsieur le chancelier, parlèrent un espace ensemble, après se remit chacun en son lieu, et dit ledit chancelier par Tordonnance du roi à ceux desdits Etats que le roi avait bien ouï et entendu leur requête et remontrance, et que quant aux louanges par eux à lui données, qu'elles venaient de Dieu, que s'il avait bien fait, il désirait encore de mieux faire, et au regard de la requête touchant ledit mariage, qu'il n'en avait jamais ouï parler, que de cette matière il communiquerait avec les princes de son sang pour en avoir leur avis.

Le lundi ensuivant, le roi vint au même lieu où il avait été le jeudi accompagné comme dessus, réservé ceux des États, demanda à monsieur le légat et aux autres leurs opinions sur la requête faite par ceux desdits États, savoir si elle était utile et raisonnable pour lui et son royaume, sur ce fut le premier opi-

nant monsieur l'évêque de Paris après le premier Président dudit Paris et celui de Bordeaux, lesquels parlèrent bien longuement pour mieux ouvrir leurs esprits et l'entendement des autres; tellement que tout d'une voix et opinion s'accordèrent à ce que la requête desdits États était bonne, juste et raisonnable, et par ensemble, supplièrent au roi accorder ledit mariage.

§ iO. — RÉPONSE DU ROÏ AUX ÉTATS.

Le mardi vint le roi comme dessus audit lieu où furent mandés vers lui lesdits des Etats auxquels par son chancelier il fit dire ce que s'ensuit :

« Messieurs, le roi notre souverain seigneur a parfun dément pensé à la requête que lui fîtes jeudi dernier passé, sur quoi il vous fait dire qu^ ainsi qu'il a accoutumé de faire en ses affaires, mémement en ceux qui touchent le bien et l'utilité de son royaume et de ses sujets, lesquels il a fort à cœur, tellement que bien souvent il veille quand les autres dorment, par quoi l'avez justement baptisé père du peuple, et combien qu'il ne se défie point de vous et est bien assuré que vous ne lui devriez faire requête qui ne fût bonne et dûment fondée, toutefois a-t-il bien voulu mander et convoquer tous les princes de son sang, les seigneurs barons et principaux conseillers de son royaume, aussi de la duché de Bretagne pour leur communiquer la requête que vous ensemble lui avez faite pour sur ce avoir leur opinion et conseil, et après ce qu'il a eu leur avis, lui ont remontré par plusieurs raisons évidentes pour le bien et utilité de son royaume, ses pays et sujets, et de toute la chrétienté, qu'il consente et accorde que le mariage de

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