LA MORT DE PHILIPPE LE BEAU
après sa réponse ouïe dans dix ou douze jours, et que s'il se voulait aller embarquer à nul port en son royaume, a mandé partout qu'il fût servi et obéi comme sa personne.
Monsr. de Saint-Malo a été mandé venir en cour de France, pour s'en aller à Rome et y faire long séjour, et dit-on que c'est pour aider à conduire par l'avis du roi d'Aragon, que le légat soit pape après celui-ci, peut-on penser que ledit de Saint-Malo n'y va pour néant.
L'on tient aussi pour vrai, comme toujours ici a été remontré au roi, que le duc de Gueldre s'efforce de faire le pis qu'il peut contre le roi de Castille, et le roi de France lui a baillé quatre cents lances et un certain nombre de gens de pied.
L'on tient aussi pour vrai que la reine de Hongrie * est accouchée d'un iîls mâle, et dit-on encore en la cour de France que le roi des Romains n'en est pas content.
§ 13. — LA MORT DE PHILIPPE LE BEAU (25 seplcmbrc 1506). (Jean d'Auton.)
Le roi de Castille, étant lors en ses pays d'Espagne, fut averti du mariage de Madame Claude, fille du roi, avec François d'Orléans, comte d'Angoulême, laquelle pensait être pour son fils; dont autrefois par ci-devant avait été paroles. Par quoi se malcontenta, disant qu'autrefois promesses avaient été faites de Madame Claude et de son fils; à quoi il s'attendait. Toutefois ne sut autre chose que faire sur ce, si n'est user de menaces, et dire que tous ses amis et alliés