LOUIS XII AMENÉ A SB RAPPROCHER OU ROI DES ROMAINS
Pour lesquelles raisons ne fait à considérer ce que ledit messire Antoine Condolmier , ambassadeur d'icelle seigneurie de Venise, a plusieurs fois voulu alléguer et remontrer, quand le roi Louis se doulait de Foutrage qui lui avait été fait par ladite seigneurie en faisant la trêve avec Tempereur, comme dessus. Disant que quand bien sadite seigneurie aurait en ceci failli, la cbose n'était pas si grande ni tant irréparable, que pour cela se dût une si longue et si grande amitié et alliance rompre et tourner en inimitié ; ains se devait amender la faute par autres moyens, si comme font parents et amis, quand Tun a en quelque chose mépris vers Tautre. Car certainement jaçoit que la faute fût de soi presque irréparable, encore ne s'arrêtait pas le roi Louis à cela tant seulement, mais au mauvais et damné vouloir, que pour cela, et autres choses dessusdites, il connaissait aux Vénitiens, d'entretenir lui et les autres princes en guerre, pour eux agrandir sur tous, et que l'amitié et alliance qu'ils avaient contractée avec lui, n'avaient jamais fait à autre fin. Par quoi soi voyant en telle manière par cette nation contemné et outragé, après tant de biens et courtoisies qu'il leur avait faites, et connaissant leur ambitieux et insatiable désir; et de l'autre coté, être convié et requis de par l'empereur et roi des Romains (qui est si grand et si noble prince et le premier en dignité des chrétiens) fut mû, conseillé et persuadé de préférer l'amitié et alliance dudit empereur, à la déloyauté et malice de cette nation et se rallier et conjoindre avec les autres princes chrétiens